AM 04 Genèse de cette recherche

Ma rencontre avec ce monde des alchimistes a commencé pendant l’enquête que j’ai effectuée pour mon mémoire de licence. À cette époque, en 1989, j’ai eu la chance de rencontrer une personne qui m’a ouvert les portes de cet univers. Jusqu’à cette date, l’alchimie était pour moi un art souterrain et inaccessible, plongeant ses racines dans un passé, plus ou moins mythique. Elle a toutefois toujours attisé ma curiosité : j’ai toujours été attiré par le mystère. Une occasion comme celle-ci ne devait pas être manquée.

Grâce à cette personne, j’ai appris beaucoup de choses :
– les alchimistes ne sont pas une espèce en voie de disparition,
– il y a des groupements, des rencontres, des axes de recherches, des échanges, des publications… (voir chapitre précédent).

J’ai donc décidé de m’y intéresser de plus près et de contacter ce milieu. Grâce aux portes ouvertes par cet ami, j’ai pu entrer en relation avec quelques alchimistes de la région, sympathiser avec eux. Et ce, depuis février 1990.

Certaines de mes lectures m’avaient déjà familiarisé avec l’alchimie auparavant : Eugène Canseliet 1 Alchimie. Études diverses de symbolisme hermétique et de pratique philosophale, Montreux, Jean-Jacques Pauvert Éditeur, 1964. , Fulcanelli 2Le mystère des cathédrales, Paris, Schemit, 1927, et bien sûr, Carl Gustav Jung 3 Psychologie et alchimie, Paris, Buchet Chastel, 1970 – qui a beaucoup étudié la question du point du vue psychologique. Également Mircéa Eliade 4 Forgerons et alchimistes, Paris, Flammarion, 1977 . Ces lectures m’avaient confirmé dans mon idée : l’alchimie est une discipline difficile.

L’ouvrage d’Armand Barbault 5 L’or du millième matin, Paris, Dervy Livres, 1987 ne m’était pas inconnu non plus. Alchimiste de nos contrées, je pensais qu’il était un « oiseau rare », et, qu’après sa mort, il ne devait plus guère rester d’alchimistes dans cette terre d’Alsace.

L’enquête a révélé qu’il en allait autrement. En fait, il en existe un certain nombre.

J’y ai ajouté, en cours d’enquête, les ouvrages d’alchimistes contemporains allemands : Manfred Junius6 Praktisches Handbuch der Pflanzen-Alchemie, Interlaken, Ansata Verlag, 1982 , Alexandre von Bernus 7 Médecine et alchimie, Paris, Belfond, 1977 , Ulrich Jürgen Heinz 8 Spagyrik – Die medizinische Alternative, Freiburg im Breisgau, Hermann Bauer Verlag, 1985 ; et français : Patrick Rivière 9 L’alchimie, science et mystique, Paris, Éditions de Vecchi, 1990. Et : La médecine de Paracelse, Paris, Éditions traditionnelles, 1988 . Ainsi que des revues : Tempête Chymique 10 Premier cahier. Octobre 1984 et Le Petit Philosophe de la Nature 11 N°66 de mai 1989 à N°86 de mai 1991 .

Avant de présenter les personnes qui m’ont permises de réaliser cette enquête, je pense qu’il est intéressant d’aborder, dans les grandes lignes, le dynamisme de l’alchimie en France.