Interview 1

Interview : JACQUES et SIMONE

11.02.89, en soirée.

      Jacques et Simone (35 et 32 ans) sont des personnes pratiquant le spiritisme. Erica est mon épouse.

SIMONE           Ce sont des collines qui sont sur la ligne Maginot. Entre deux forts de la Ligne Maginot. Donc, c’est déjà des endroits un petit peu… chargés. Mais on était comme ça, on se promenait. C’est sur une colline qui donne sur la plaine.  Et on y allait souvent le soir, après le boulot, assez tard le soir, bon, pour se balader un petit peu, comme le font les gens du patelin, qui s’oxygènent un peu.

                  Et on s’était dit, ce soir-là, tient, on va monter se promener. Déjà, il s’était passé deux évènements, plus exactement, à des périodes distantes. La première, il faisait nuit, vers onze heure-minuit. Et je crois qu’il y avait de l’orage dans l’air. Et on a entendu un bruit. On se trouvait sur une colline, au bord donc d’une plaine qui descendait, et on avait tout l’aperçu de la plaine d’Alsace(…), et à un endroit tout au fond, je veux dire à 5 km, donc à vol d’oiseau, on entend un bruit, mais un bruit d’oiseau, comme un bruit d’oiseau qui fait…, qui serait en train de chasser un animal.

JACQUES          Enfin, c’était plutôt une plainte comparable à un cri humain, fait par un jeune garçon ou une jeune fille ou un truc comme ça…

SIMONE            C’était difficile à déterminer…

JACQUES          Ce qui nous a frappé, c’est que ce bruit se déplaçait, à une vitesse inimaginable pour un oiseau, ou même un animal, un mammifère en train de courir…

SIMONE            Oui, c’est ça. C’est comme, même, même admettons que ç’ait été un faucon ou quelque chose comme ça, qui ont quelque fois des cris très perçants, très aigus, mais moi je m’imaginais que c’était un oiseau qui avait plongé sur un animal, un lapin, ou un truc comme ça. Mais un cri, à la fois le cri du faucon et le cri de l’animal qui vient d’être happé, bon le cri de mort quoi, finalement. Et ce cri s’est déplacé, sur une distance disons, 5, 6, 10 km, je ne sais pas, dans le fond, disons que nous on voyait que la plaine était dégagée, mais à une distance qu’on estimait à, disons à un km espacé, et en une seconde ou en truc, le bruit se déplaçait. Donc on s’est dit, c’est pas possible que ce soit un animal !  (…) On s’était dit, ça ne peut pas aller aussi vite. Et tout d’un coup on a senti venir sur nous, parce que, il faut se dire, bon, la colline était là, là il y avait un chemin qui descendait dans la plaine, et nous, nous étions pour ainsi dire stationnés à un croisement de chemins. Souvent, les croisements dans la campagne sont des endroits relativement… En plus, comme dit, c’était une colline avec la ligne Maginot, et juste derrière la colline, il y avait un monument où beaucoup de soldats sont morts. Et on pense que…, sous cette colline, il y avait donc un fort qui avait explosé pendant la guerre.

JACQUES          C’était un dépôt de munitions explosé.

SIMONE            Qui avait sauté. Et bon, tous les soldats également. Donc c’était un lieu qui était déjà particulièrement… Bon on a compris après, hein. Alors, on a senti venir, donc, ce cri qui était là, qui se déplaçait, tout. On a senti une présence venir, mais sur nous. On était là mais, Hhhhhh !!, on l’a senti passer et tout et, bon, ça nous a… ça nous a effrayé, c’est à dire qu’on a vraiment senti que… On n’a plus entendu le cri, mais on a senti qu’on n’était plus seul. On a senti que, que cette présence, euh, venait sur nous. Ce qui fait que nous, ni une ni deux, on s’est dit, on va rentrer, bon. C’est bien gentil les petites promenades mais on va rentrer.

MICHEL            Est-ce que la présence vous a traversés ?

SIMONE            On n’a pas senti ça. On a senti… Ça, on peut pas le dire. C’était pas quelque chose de physique. C’était déjà l’éveil de notre… Bon, je veux dire, Nous avons quand même l’habitude, c’est un grand mot, mais disons que nous sommes « éveillés ». Et nous avons une curiosité. Et je veux dire, une description des phénomènes, un décryptage un peu différent des gens, c’est à dire communs, qui n’ont pas affaire à ce genre de phénomènes. Donc, on a déjà eu notre attention d’éveillée par ce phénomène-là. Et donc nos sens, je dirais nos sens suprahumains, enfin, je ne sais pas comment les appeler. Étant éveillés, on a senti, effectivement, cette force, qui passait, qui venait sur nous, qui se ruait sur nous. Bon, on est parti. Et on n’est pas revenu, Pas tout de suite. Je sais pas, quinze jours après, peut-être. Et, il faut vous dire que, certainement un coin que vous connaissez peut-être de nom. On y accède par Mittelhausbergen. Non, plutôt Niederhausbergen. C’est le village, il fait toute la longueur de la rue principale et il y a un petit chemin qui monte pour accéder au chemin de promenade, finalement. Et sur ce chemin-là, il y avait toujours des gitans. Qui étaient stationnés, qui campaient là, le long du chemin qui accédait en haut de la colline. Et ce soir-là, où on avait décidé de monter, moi, je ne voulais pas monter. J’avais un pressentiment. J’ai dit, faut pas qu’on monte. Mais si, on va se promener, on va un petit peu s’aérer… Pendant tout le chemin de la ville jusqu’à Nieder, j’étais angoissée. Mais je ne pouvais pas lui dire que j’avais un pressentiment que, qu’il allait se passer quelque chose. Ca paraissait assez anormal. Bon. On y est monté. On passe le petit chemin. Et je me dis à moi-même : tiens, les gitans sont partis. Pour moi ça paraissait déjà louche, et ça paraissait…, pour moi c’était une confirmation de quelque chose qui n’était pas normal. Bon, on arrive sur la colline. Et puis je crois que c’était dans la période de la nuit de Walpurgis. C’était un petit peu avant ou après. Je ne sais pas si vous connaissez un petit peu la tradition qui entoure cette période-là ?  Et, on arrive donc à ce croisement de chemin. Il faisait donc nuit. J’arrête la voiture et puis je me dis : bon, j’ai dit on ne reste pas, on s’en va et tout ça. Il me dit, mais non, on va un petit peu se promener et tout ça. Je laisse la porte de la voiture ouverte parce que, je sentais qu’il arrivait quelque chose, que ce soir-là, c’était pas comme les autres soirs, qu’il y avait quelque chose qui se préparait. Et, je sentais autour, c’est à dire que ce lieu était vraiment chargé, et il y avait quelque chose. Alors, j’ai dit : mais écoute, il faut qu’on s’en aille parce qu’il y a quelque chose, on n’est pas seuls. Et, bon, Jacques, contrairement à moi, d’une part, lui, il sent peut-être moins parce que c’est un homme. Il sent moins ce genre de choses, mais une fois qu’on lui a dit, c’est à dire que lui, il voit. (…) Il s’est passé quelque chose, à cet endroit, il y a des forces qui… J’ai dit à Jacques : on n’est plus seuls. Et, du coup, tu prends le relais… Tu dis ce que tu as vu.

JACQUES          Il est vrai que, bon, j’étais amoureux, je suis toujours amoureux, n’est-ce pas, de ma femme, mais on n’était pas encore mariés, on était dans une situation un peu précaire. Et, pour moi, c’était de sortir un peu avec Simone, d’être un peu seul avec elle. Et j’étais absolument pas branché sur la perception de ce genre de choses. Je mettais son émoi sur totalement un autre registre que la réception effective d’une force réelle qui pouvait exister dans l’invisible. Et lorsqu’elle manifeste effectivement son désarroi, je me rends compte qu’elle avait totalement raison !  C’est à dire que nous n’étions pas seuls. Alors, on rentre dans la voiture…, on démarre…

SIMONE            Non. Il y a déjà autre chose avant. Tu me disais que tu as vu. Toi tu as observé ce qui se passait. Comme on était en croisement de chemin, notre voiture était là, j’avais laissé la portière ouverte Pour pouvoir sauter dans la voiture tout de suite et partir.  Et il m’a raconté qu’il avait vu débouler, donc sur le plan de l’astral, débouler le « Chariot de la Mort ». Pour ainsi dire. (…) Il me disait que c’est comme si des « loubards » de l’astral débarquaient et, bon, allaient nous anéantir. Et…

JACQUES          Non mais, si tu veux, c’était pas uniquement le sentiment d’avoir vu effectivement des images. Bon, des images, tout le monde en a (…). Mais c’était le sentiment profond d’être en face d’une force négative. C’est à dire comme des loubards qui ne demandent rien à personne, et puis qui cassent la figure à tout le monde. Un point, c’est tout. Et c’était un peu cette force qui, que je pressentais. Avec, accompagnement d’images, une espèce de carrosse qui vient ramasser des vivants… Avec une image de la Mort très imagée. Et, donc, nous sommes entrés dans la voiture. On est parti. On est arrivé devant la première lumière qui nous était accessible…

SIMONE            Oui, mais avant, il y avait encore autre chose. C’est à dire que, comme on était dans la campagne, c’était donc pas éclairé. Alors, moi, tant que j’étais dans les ténèbres, j’étais pas rassurée. Et je lui ai dit, sur le chemin, parce que, je me suis dépêchée donc pour sortir de la colline, pour aller de nouveau vers les maisons habitées (…). A un moment j’étais tellement angoissée que j’ai dit : on n’est pas seuls. J’ai dit : cette entité est dans la voiture ! Elle nous a rejoint. Mais elle nous accompagnait dans la voiture, alors au premier feu rouge, à la première lumière, je suis sortie de la voiture, j’ai dit : je ne rentre plus là-dedans ! Mais l’entité était avec nous !  C’est qu’on l’avait happée !  C’est un peu comme, bon, vous disiez. Y en a qui veulent prendre possession comme ça d’êtres, et c’était effectivement ce qui s’était passé, c’est à dire que cette entité, voyant la charge émotive qui attire aussi ces forces-là, bon elle était dans la voiture, quoi !  Je suis sortie. Et du coup, Jacques s’est un peu chargé de cette entité pour la dissoudre, pour la neutraliser. Bon, je suis remontée dans la voiture mais j’étais tellement… remuée que j’en ai parlé. Ce qui fait que ça l’a fait revenir, ça l’a ré-attiré. Mais comme on était dans des endroits habités, ça m’a moins angoissé parce que on était de nouveau au milieu de la civilisation quoi, on n’était pas en pleine cambrousse, sans lumière et tout. Et bon, on l’a un peu ramenée avec nous. Alors, notre première destination, on s’est dit : qu’est-ce qu’on va en faire ?    Bien qu’on était très remués par ce contact, et il était toujours là, parce que, croyez-moi, on la sentait, hein !  Bon, on est allé à l’Orangerie, encore qu’il était très tard, et puis cette entité nous suivait !  Elle était avec nous. Puis, on en a discuté. On a discuté qu’est-ce qu’on allait en faire. Et puis, Jacques l’a emmenée avec lui et puis il a travaillé avec. Voilà. Fin de l’histoire.

ERICA       Et ça se passait quand ?

SIMONE            Ça c’est passé, oh, il y a cinq ans, six ans.

JACQUES          Plus que ça.

SIMONE            Plus que ça ?   Attend, ça s’est passé en 1982, à peu près ?  Oui.

ERICA       Donc, au printemps ?

SIMONE            Oui, c’est ça. (…) Donc on s’était promis de remonter là-haut. Mais faut dire que pendant un certain temps, on n’a pas réussi à remonter là-haut, du moins, moi, je n’ai pas réussi à remonter là-haut, parce que c’était trop entaché de… Mais c’était vraiment quelque chose qui travaillait un petit peu sur ces plans subtils. J’avais jamais été réellement en contact de cette manière. C’était toujours de manière subjective, mais là c’était vraiment, je dirai, presqu’effective. Et là, ça avait une réalité qui n’avait plus rien de personnel, je veux dire qu’il n’y avait pas de projection, il ne pouvait pas y avoir de projection personnelle. C’était vraiment quelque chose, on sentait, qui venait de l’extérieur. Et d’ailleurs, après coup, en y réfléchissant, moi je me suis dit, on en a reparlé, on a un petit peu fait des recherches et Jacques disait que ça devait être une force qui s’appelait « URSITURIS », ce qui pouvait correspondre. Les gitans, justement. Le fait que les gitans ne soient plus là. On pensait qu’ils sentaient, vu que c’est les femmes qui décident l’emplacement du départ ou du lieu. Elles avaient senti qu’il allait y avoir quelque chose comme ça et, dans cette tradition-là, on parle effectivement de forces comme ça. Dont le nom c’est « URSITURIS »…

ERICA       Et si vous n’aviez pas pu fuir ou réagir d’une certaine manière, qu’est-ce qui se serait passé, à votre avis ?

SIMONE            Ben, faut dire qu’on n’a pas tellement réagi. Mais ce qui se serait passé, sur le moment…, tu as une idée de ce qui aurait pu se passer ?

JACQUES          Il y aurait eu la même chose…

ERICA       Non, mais vous n’auriez pas été qui vous êtes, vous auriez été deux promeneurs neutres, des humains normaux, quoi, habituels, sans sensibilité particulière, sans réceptivité particulière, qu’est-ce qui se serait passé ?

JACQUES          Une panique.

ERICA       Ah, une panique. Donc la réaction eût été très voisine ?

SIMONE            Une peur panique.

ERICA       Et irraisonnée ?

SIMONE            Voilà, et pas savoir pourquoi. Bon, nous on sentait un peu ce qu’il y avait derrière. Mais, euh, ce qui aurait été lié, bon, je pense à… l’endroit ; enfin à des phénomènes… On aurait des explications naturelles : bon, on est à la campagne, la nuit, tout ça, quoi…

ERICA       Oui, mais est-ce que ça aurait pu être offensif ? Je veux dire, créer une panique, OK. Est-ce que ça aurait pu, par exemple, blesser, détruire, tuer, provoquer un accident, une mort ou quelque chose…

JACQUES          En passant par un médium humain, peut-être. Dire, quelqu’un, peut-être faible d’esprit ou saoul ou je sais pas trop quoi. Ça aurait pu, effectivement, investir une certaine volonté humaine à détruire. C’était ça le fin fond de ce que j’ai ressenti, c’était une volonté de destruction. Ça, je dis, c’est une espèce de bande de loubards, là, qui débarque et qui veut faire du mal.

ERICA       Et cette créature, c’est un conglomérat de quelque chose pour autant que vous l’ayez ressenti ?  Ou c’est une entité définissable ? URSITURIS, c’est…

JACQUES          Non. Mais ça, c’est par des recoupements ultérieurs.

SIMONE            C’est ça. On a pensé que ça pourrait…

JACQUES          Mais par ressentir direct, c’était une espèce de charge émotionnelle, si je peux m’exprimer uniquement en termes energétiques. C’était une charge émotionnelle négative, qui se baladait sur la plaine d’Alsace. Mais vraiment un conglomérat pratiquement palpable.

ERICA       Mais non personnel ?

JACQUES          Pas du tout. Pas du tout lié. Une énergie pure. Négative… Le dernier cas qu’on a connu était un phénomène beaucoup plus insidieux que des cris, des phénomènes de troubles de comportement, voire de trouble entre couple… C’était une amie, qui habite un peu plus loin. (…)  Et qui ressentait, personnellement, elle vivait seule, avec son chat, un phénomène assez insidieux, comme dit, c’est pas spectaculaire, pas du tout. Mais elle nous en a quand même parlé. C’est comme si l’╚me d’une vieille femme prenait de plus en plus possession d’elle-même. Elle avait des réflexions de vieille fille, alors qu’elle est jeune et qu’elle peut encore faire sa vie et qu’elle n’a rien de bloqué à ce niveau-là. Elle a commencé à avoir des réflexions de vieille femme. Elle se sentait observée, critiquée, alors qu’elle était toute seule dans son…

SIMONE            Malgré tout, elle a quand même eu un doute sur le déplacement d’un objet. Malgré tout. Elle n’était pas sûre, mais elle a dit : je parierai que… Elle avait une vieille machine à coudre avec couvercle et le couvercle a été déplacé. Elle a dit : ça fait x temps que j’ai pas accédé…

JACQUES          Seulement, elle ne mettait pas l’accent là-dessus. Le problème était secondaire par rapport à cette espèce d’envahissement, comme des souvenirs qui restent accrochés aux murs ou des choses comme ça…

SIMONE            Faut dire qu’elle était en train de refaire son appartement.

JACQUES          Voilà. Elle dérangeait un tas de choses. Parce qu’elle déplaçait les cloisons…

SIMONE            Des meubles… Refaisait les murs…

JACQUES          Bon, elle veut refaire à neuf son appartement et tout ça. Et, c’était tellement insidieux et puis, finalement, tellement clair, qu’elle dérangeait quelqu’un, qui essayait de l’envahir, de prendre possession un peu d’elle-même, de lui faire partager une espèce de nostalgie, une espèce de, de quelque chose qui était totalement contraire à elle. Et elle le sentait tellement bien, bon, qu’elle s’en est ouvert à moi, et à nous.  Effectivement, il y avait un tas de choses qui étaient à la fois liées au lieu, mais aussi, à elle. Dire, il y avait le phénomène de projection psychologique, on peut en parler de manière clinique, mais dans l’astral, ça prend des formes. C’est à dire, on crée une forme pensée ou un truc comme ça. Et elle avait quand même un petit problème, aussi personnel, au niveau d’un blocage et d’un travail émotionnel qui était en train de se faire en elle, mais qui dynamisait certaines formes…

SIMONE            Surtout à une époque, elle nous a dit. Simplement, bon, je pense qu’on révèle pas un secret puisqu’on vous donne pas le nom de la personne. Bon, elle est mariée et son mari l’a quittée… Bon, provisoirement, il n’habite plus avec elle, ça fait déjà des années que ça dure. Et il a une copine. Et pendant un certain moment, elle a dit : j’ai vraiment voué cette nénette, je voulais… – la haine. Bon, voilà. Et finalement, cette haine, qu’elle n’a plus maintenant parce qu’elle est dégagée de ce genre de problème, a formé vraiment une entité, ce qu’on appelle « kéliphotique », quoi, une forme pensée, démoniaque, bon. Et effectivement, qui avait pris possession, et qu’elle ne maîtrisait plus, qu’elle était maintenant devenue plutôt la victime, que, bon, finalement,  l’outil, un petit peu qui était projeté, quoi.

JACQUES          Mais, en même temps, ça a réveillé, effectivement, une certaine mémoire des murs. Et c’est ce qui lui a mis la puce à l’oreille. Elle serait restée, elle seule, avec son problème, sa haine, son, j’allais dire, sa volonté de nuire, ou… ça, elle connaissait. Mais, en même temps, dans le sillage de cette émotion-force, elle a réveillé autre chose, qui lui a mis la puce à l’oreille. Qu’il y a peut-être un problème aussi au niveau de l’environnement et des murs et de là où elle habite.  Et puis lorsque j’ai réfléchi, et que j’ai analysé un peu ce que j’ai vu, je lui ai aussi dit : il y a aussi un tas de choses qui découlent de toi. Il n’y a pas uniquement des « fantômes », t’as aussi créé un certain nombre de choses…

SIMONE            Et là aussi c’était manifeste… Moi, c’était la première fois où je rentrai dans son appartement, du moins j’allai dans la pièce du haut. Elle avait changé un grenier, justement, (et un ??) (il y a un ??) petit appartement en duplex. Et elle demandait, bon, les meubles ou des trucs comme ça. Puis, on monte dans sa pièce du haut, et elle avait une vieille armoire, parce que ça c’est une armoire qui ne lui appartenait pas, qui était resté là, et qu’elle avait gardé. Puis avec une vitre, un grand miroir. Et quand je vais en face de ce miroir, bon, je regarde bien, mais je vois venir, à travers le miroir, cette entité. C’est à dire le miroir était le lieu de passage de cette force de l’au-delà. A tel point que je me suis…, j’ai failli presque tomber, sentant cette force venir, comme si l’autre c’était le cosmos, quoi, à partir de derrière la vitre. Je me suis reculée, à tel point… la force… Alors que, bon, en général, je suis assez, comme dit, pas tellement réceptive. Je dirai pas sceptique, je suis assez rationnelle, parce que les Vierge (signe astrologique de la Vierge.), c’est quand même… Et je suis assez difficile à sentir quelque chose, mais quand c’est vraiment costaud, quand il y a vraiment quelque chose, je le sens. Surtout, je le sens. Je le vois pas, mais, c’est à dire, je le vois plus mentalement. Et je le perçois surtout très, d’une manière très physique. Et, là, c’était gratiné aussi. … On l’a renvoyé. Mais comme dit, il y a toujours des possibilités lorsque tu réactives la force… De faire revenir…

JACQUES          Non, mais,… Ce qui est le plus difficile, c’est de se rendre compte de l’interdépendance entre nous et ce monde. Et, nous, surtout au niveau de notre subconscient. C’est à dire de nos peurs refoulées, de nos actes inavoués, et tout ça…  C’est ça le guide, la courroie de transmission, souvent, pour un certain  nombre  de  phénomènes,  dits parapsychologiques.

            C’est là où on trouve l’essence à mettre dans le moteur plus ou moins inerte, et puis qui se met en marche à certains moments. Mais, comme disaient les anciens : « , connais-toi toi-même et tu connaîtras le monde »… Il s’agit d’abord de, lorsqu’on aborde le monde invisible, d’avoir une excellente connaissance de soi-même. Et de savoir un peu s’évaluer. Parce que, une fois qu’on est en face d’un phénomène, effectivement, dérangeant ou physique, on oublie, on est capté par l’aspect physique, par l’aspect humain, social, du phénomène. Et on oublie de faire une rentrée sur soi-même et souvent, c’est en soi-même, par des images, des choses comme ça, qu’on trouve la solution. On trouve là où il faut aller, et là où il faut éviter de continuer à s’entêter de trouver des communications avec l’au-delà. Alors que ce n’est qu’un complexe refoulé personnel qui a trouvé moyen de s’exprimer d’une manière physique, quoi. Et, bon, il s’agit toujours d’être humble dans sa démarche, assez « au ras des pâquerettes ». Et c’est là où on trouve les choses les plus intéressantes. Puisqu’on a fait débarrasser le terrain à nos illusions à nous… Mais l’au-delà a effectivement des intentions vis-à-vis de nous. Et c’est celles-là qui sont les plus intéressantes. C’est pas ce que nous on aimerait que l’au-delà nous dise, mais c’est ce que l’au-delà veut nous dire. Et déblayer le terrain. Bon, on parle surtout de notre approche de la chose, vous en avez, peut-être, certainement une autre… Mais, pour nous, il est essentiel, n’ayant pas de moyen de contrôle technique, comme un appareil d’enregistrement ou des choses comme ça, tout dépend de l’appareil d’enregistrement que nous sommes, nous. Et cet appareil est très fin. Et finalement assez perturbable par tout : émotionnalité non contrôlée, peur, appréhension, voire angoisse refoulée, et tout ça. Le fil est très vite rompu. Alors, le plus difficile, c’est d’arriver à, finalement, être honnête avec soi-même. Et ne pas se faire d’illusions sur son propre compte. (…)

Fin de l’entretien.