Interview 2

Interview Marianne

22.03.89 à 18h45

      Marianne est étudiante en Histoire de l’Art. 19 ans.

M = Marianne ; N = Michel ; E = Erica

N           Voilà, alors t’as une maison hantée là ?

M           Oui, j’ai une maison hantée. Enfin je sais pas où c’est !  Alors, c’est un copain qui m’a raconté que sa sœur avait dormi un soir chez une copine, et elle… enfin c’était une maison qui soi-disant, euh, où il se passait des choses, mais sa sœur de toutes façons elle traine dans le milieu, enfin elle a fait du spiritisme, elle a fait plein de choses. Ils sont tous un petit peu, dans la famille, tous pris là-dedans. Même, ils ont des amis à qui il est arrivé des pépins. Donc cette sœur, va un soir dormir chez une copine, elle se couche, et dans la chambre, enfin dans la chambre, elle est réveillée en pleine nuit, et elle voit la… la, – rien que d’en parler, ça me glace, moi -. Et elle voit la poignée de la porte qui s’ouvre. Alors elle croyait que c’était son petit copain qui venait la voir, elle dit bon ben allez, euh, rentres… Me fait pas ça, vas-y rentres, ça y est, maintenant je sais que c’est toi, je sais que c’est toi. Et puis rien. Alors, elle se lève, elle ouvre, elle regarde et puis elle entend des pas qui courent. Qui partent, Jusqu’au grenier. Elle a entendu après au-dessus, des pas. Bon, elle se lève, elle le dit à ses amis, eux y disent rien, ils ont rien dit. Et le lendemain soir, rebelote, mais alors là, elle a eu une trouille !, elle était collée au fond de son lit, elle a plus bougé jusqu’au petit matin, parce qu’elle a carrément eu la porte, enfin la porte qui s’est poussée, quoi. Comme un corps qui s’enfonce dans la porte. Qui essayait de pousser.

E           Quoi, la porte !  Le bois de la porte qui était déformé ?!

M           Ouais, qui s’est déformé, en la poussant. Avec la poignée – rien que d’en parler, moi ça me – avec la poignée qui tapait comme ça. Avec la porte qui pousse. Et le lendemain, bon comme elle a hurlé, tout le monde s’est levé, est venu voir… bon, elle a expliqué ça et les gens lui ont dit ben effectivement, régulièrement, il se passe quelque chose. Régulièrement, il y a quelque chose qui se passe. Et rebelote les pas là-haut, et quand ils y sont allés, écoute, alors là je ne me souviens plus très bien, mais il y a eu une histoire aussi au grenier, il y avait de la poussière, et ils étaient au grenier, et il a des pas qui se sont inscrits dans – je sais pas si ça arrive souvent, si c’est connu, mais enfin il y a des pas qui se sont inscrits dans la poussière tout autour d’eux, alors là, euh… (geste de la fuite) cassons.

E           Ah, pendant qu’ils étaient là, tout autour d’eux ?!

M           Ouais, ils ont pas traînés, ils ont pas traînés trois jours là-haut, hein !

E           Ils sont toujours dans la bicoque ?

M           Alors, moi, je me serais barrée vite. Les autres, ça faisait 10 ans qu’ils y habitaient !  Ça faisait 10 ans qu’ils y habitaient avec ça. Ça allait, apparemment, ça les gênait pas trop, m’enfin, à chaque fois qu’ils invitaient quelqu’un… Et encore là… c’est une fille, en plus, bon, qui vraiment connaissait ça bien. Ça lui faisait pas, ça lui foutait pas vraiment la trouille, parce que sinon, elle l’aurait pas fait. Moi, je fais pas ce genre de trucs !   Et, bon, apparemment, elle s’en est bien remise. Mais enfin, ça doit faire un choc… Et alors, lui là, le copain qui me racontait ça, il en a fait beaucoup avec des copains, quand il était gosse, et il leur est arrivé un truc pas possible, ils ont fait une table tournante pendant assez longtemps. Et ils avaient réussi à rentrer en contact avec quelqu’un, et ce quelqu’un, à un moment, leur a inscrit, sur la table : « vous allez entendre mon cœur ». Alors là, ils commençaient à baliser, ça faisait quand même pas mal de temps qu’ils étaient en contact avec la personne. Ça a duré, euh, presque un an, sur un an, quelque chose comme ça. Et là, il est écrit vous allez entendre mon cœur. Bon là, ils ont dit c’est fini, on arrête tout, on arrête tout. Et puis ils ont mis la radio, histoire, enfin une cassette, histoire de se changer les idées…

E           Et pourquoi ils avaient peur d’entendre le cœur ?

M           Ben, ils commençaient à baliser un petit peu, quoi. Et puis la cassette s’est arrêtée et ça a fait : papahh, papahh, papahh. Comme ça.

E           La cassette de quoi ?

M           La cassette qu’ils avaient mise dans le magnétophone. Qui s’est arrêtée, la cassette s’est arrêtée… ç’aurait été la radio, encore on aurait pu dire interférence, mais là la cassette s’est arrêtée et il y a eu le bruit du cœur et puis après, la cassette a repris. Alors, là aussi, euh… Lui, il a tout arrêté de suite, hein !  Là depuis…

E           Ça ça m’aurait pas fait peur, tu vois.

M           Mais il est arrivé aussi un truc, alors lui il m’en a raconté, c’est pour ça, qu’après, j’ai pas dormi. Un truc sur une copine à lui, qui était coincée par un guéridon, contre le mur, au cou, comme ça ; ils étaient à trois hommes à tirer sur le guéridon, et le guéridon a lâché quand il a voulu.

E           Et ce mec, il est là, à Strasbourg ?

M           Non, non. Mais je sais pas, j’ai perdu… je l’ai rencontré en Allemagne, c’était un belge qui faisait son service militaire là-bas. J’ai plus du tout de contact. M’enfin, vraiment lui euh, eh ben il en avait des morceaux à raconter, hein. Il en avait fait pas mal. Puis, c’était vraiment un truc familial. Ça m’a glacé, vraiment. Voilà.

E           Et, à part ça, t’as pas d’autres souvenirs de choses qui touchent à ce domaine, ou de conversations, ou de phénomènes ou de machins comme ça ?

M           On en parle beaucoup, mais, euh, j’oublie. Je me dépêche d’oublier. En général, je me dépêche d’oublier. C’est pas vraiment le genre de truc qui me… (…)

Fin de l’interview.