Interview 4

Interview Geneviève

17.04.1989 – 10h30.

      Geneviève est médium et utilise l’écriture automatique. C’est une dame de 65 ans qui a fort aimablement accepté de répondre aux questions.

M           Comment êtes-vous entrée en contact ?

G           On me pose souvent cette question. Mais il y a toujours une raison pour laquelle on recherche. Ben, je n’ai pas pu épouser l’homme que j’ai aimé. Il fut fusillé. Et mon mari… s’est pas montré comme un bon père parce qu’il s’est envolé !  Et puis alors je me sentais de nouveau le désir d’avoir un contact avec mon ami d’enfance. Je vous dis, ça a mis des années que l’ai cherché, hein !  Jusqu’à ce qu’on trouve ou que le moment soit prêt, ou qu’on trouve un cercle dans lequel on peut avoir des contacts, et j’ai trouvé. Et les premiers contacts eurent lieu avec une petite table. Et mon ami d’enfance s’est présenté tout de suite. Nous étions 5, il s’est présenté. Par les « raps » nous avons eu son nom, et la première chose que ça a donné par les « raps » c’était : « crois, foi, et tu ne meurs pas ». Inutile de vous dire, j’étais heureuse, et puis depuis que j’accroche. Oui.

            Mais en général, les personnes qui cherchent un petit peu des contacts avec l’au-delà, c’est par un chagrin. Et on a constaté que, en général, après les guerres, les gens cherchent plus le contact que quand on est heureux. Quand on est heureux, pas de raison, on s’imagine que ça continue toujours, mais ça ne continue pas toujours.

            Et voilà. Comme ça, ça a commencé, et après, bon, on a fait avec le verre qui glissait, vous voyez ?  Et puis un jour j’ai lu dans un livre d’Alan Kardec, qu’il y a des personnes qui, rien qu’en prenant un crayon, ça marche. Ben faut essayer. Il y a des personnes chez lesquelles ça marche, peut-être avec vous, mais il faut essayer.

M           Et donc maintenant vous faites…

G           Oui, et ce qu’il y a, l’écriture change souvent, ça dépend les entités. Alors quand il y a des personnes, par exemple, qui viennent me voir, que je ne connais pas du tout, et qui me demandent d’avoir un contact avec une personne qui est déjà de l’autre côté, quand je leur donne la feuille, souvent om me dit : mais c’est sa signature !  Que moi, je ne connaissais pas du tout ! Alors, vous savez, ça m’encourage à poursuivre mes recherches et à aider les gens. Parce que, quand on a perdu quelqu’un qu’on a beaucoup aimé, on est content de savoir que, bon ben, c’est le corps qui a fini de vivre, mais que sa personnalité, si vous voulez, son égo continue. Et voilà. (…)

M           Et ça se manifeste comment, je veux dire, comment vous faites, comment vous les…

G           Ben, je prends un crayon ! J’ai rempli 32 cahiers, plus ou moins épais. Et je fais le vide dans l’esprit. Parce que quand je n’appelle pas une entité spéciale, je fais le vide dans mon esprit, et je dis viens qui veut. Alors, au bout de quelques secondes, ça part. Et puis on dit en général qui est là ?

M           Et vous en avez conscience, ou vous êtes absente ?

G           A moitié. Parce que quand je relis au bout d’un ou deux jours, je dis : moi j’ai écrit ça ? Je ne me rappelle pas.

E           Mais vous sentez les mouvements de la main ?

G           Oh oui ! Et puis je suis curieuse de savoir ce que ça donne. Maintenant, écoutez, j’étais dans le midi, chez des membres de ma famille, et j’ai justement… je voulais ranger ça, je vais vous le lire, c’est assez intéressant, je vais vous lire ça, c’est une personne de ma famille que j’ai vaguement connue, c’est la mère de la femme de mon fils. Alors, ça remonte au 4 avril, donc ce n’est pas loin. Mais je l’ai appelée, alors là, j’ai appelée. : « Oui, me voici, bonsoir Madame. Que la lutte de la vie est brève quand on a la lutte derrière soi. Mes fallacieux agissements ont bientôt dégénéré en catastrophes. Le but à atteindre est très différent de ce qu’on croit. Mes liens avec mes enfants ont été coupés depuis longtemps. Bien souvent, mes enfants ont heurté mes espoirs. Mais que faire quand on a tout laissé aller à la dérive ? Plus rien n’a de bon sens. Et quand on a terminé le cycle, on méprise tout ce qu’on a dû endurer. Car c’est en vain qu’on a dû souffrir. Tout est différent quand on a quitté le corps. Le libre arbitre ne nous laisse guère le temps à l’erreur. Pour ceux qui ont tout perdu, le monde qui les attend est merveilleux. Comment ? Plein de lumière, beaucoup d'(?), beaucoup de paix. Et on ne vous abandonne pas à vous-même. Heureusement, nous avons à nous racheter de ce que nous laissons. Beaucoup de plans pour la prochaine allée à la terre. Peu de liens nous restent. Nous avons à tout recommencer. À présent, le lien qui me retient encore, c’est mes petits enfants qui ont le futur devant eux. Eux aussi auront à passer par les épreuves pour arriver à la lumière. Que chacun choisisse la bonne voie ! Pour ma fille qui est en « lapage » (Geneviève note : c’est un mot que je ne comprends pas, et j’en ai souvent des mots que je ne comprends pas, qui ne m’aime pas, mes affectueuses pensées la protègent. Mais bientôt, elle aura la bonne et heureuse assurance que mes réalités la libèreront de la perte de l’argent qu’elle a dû essuyer. Laissez-moi la fortifier dans l’amour qui est la base de la vie. Au revoir. » Alors, elle s’adresse à sa fille : « Quand est-ce que tu me pardonneras la langueur que je t’ai fait abréger sur terre ? » Et elle a signé.

E           C’est vous qui avez écrit cela en écriture automatique ?

G           Oui, c’est, ça. Il y a 3 semaines. Alors, c’est une personne assez cultivée, elle est pharmacienne, elle exerce pas. Sceptique comme bien des gens. Quand je lui ai lu, j’ai dit : qu’est-ce que vous en pensez ? C’est bon. Vous voyez ? Parce que les messages sont très différents et ça dépend aussi du niveau intellectuel d’une personne. Vous voyez ? Quelqu’un qui, peut-être, toute la vie, n’a jamais lu un livre a un autre langage qu’une personne cultivée ou instruite. Vous voyez ? Ca se sent souvent. Tout le monde dit que c’est tout différent que ce qu’on s’attend. Quand on va de l’autre côté. Je lis actuellement le troisième livre de Shirley Mc Laine, vous avez déjà entendu parler ?

M           Oui.

G           Elle écrit de très bons livres. D’autant plus, elle est connue dans le monde entier, vous voyez, elle a plus de poids que si par exemple, moi, j’écrivais un livre. Bien que le fond, c’est la même chose.

E           Et les maisons hantées, qu’est-ce que vous en pensez ?

G           Ça existe. Mais ce sont en général des entités qui ont fait du mal ou qui ont souffert dans une maison et qui ne peuvent pas s’en détacher.

E           Oui, et leur action se manifeste comment, quels sont leurs buts ? Est-ce qu’il y a un but ?

G           Oui, ben c’est exactement la même chose que les gens qui sont possédés ! C’est la même chose. Les gens qui sont possédés, ce sont des esprits qui sont encore reliés à la terre, qui ne veulent pas admettre, ou qui ne peuvent pas admettre qu’ils ne sont plus dans un corps et ils rentrent dans l’individu, faible.

E           Et dans tous les cas ce sont donc des esprits de gens qui sont morts ?

G           Oui.

E           D’êtres humains, qui ont vécu sur terre et qui sont morts ?

G           Oui. Et qui ont des choses, des péchés à égaliser, comme tout le monde. Parce que si nous n’avions pas de péchés à égaliser, nous ne serions pas sur terre. Nous serions déjà sur une autre planète ou sphère ou niveau – appelez ça comme vous voulez – plus élevé. Parce ce que, ici, sur terre, le but premier, c’est la nourriture, c’est de manger, c’est de gagner de l’argent !  Tandis, qu’un esprit n’a plus besoin d’argent. Tout est là, à condition qu’on ne soit pas chargé de trop de péchés. Parce que si on est chargé de trop de péchés, très rapidement, on est renvoyé sur terre, et on souffre, et on lutte. La lutte, la lutte, la lutte.

E           Et donc, vous dites, très souvent on est renvoyé sur terre, donc ça fait référence à la réincarnation ?

G           Oui, mais c’est logique, ça. C’est quelque chose de tout à fait logique.

M           C’est les morts eux-mêmes qui vous le disent ? Ceux qui sont dans l’au-delà ou… ?

G           Mais bien sûr ! Par exemple le docteur qui m’incorpore pour aider les gens, un jour je me rappelle, il m’a écrit : « Tu me connais sous William Lang. Mais j’étais déjà souvent sur terre et j’étais médecin et chirurgien, et la prochaine fois, quand je reviendrai sur terre, je serai encore médecin et chirurgien. » C’est maintenant un cas, vous voyez ?  Ou mon beau-frère qui était né à Nice et qui était fonctionnaire. Il était aux contributions indirectes dans la petite ville dans laquelle je suis née. Un jour il m’a parlé quand il a vécu lors de la guerre de 30 ans. Mais si vous réfléchissez, regardez la nature ! Quelqu’un qui veut chercher, regardez la nature, vous trouvez la solution.

M           Parce que j’ai lu des livres concernant des messages de l’au-delà, et il y a certaines personnes, qui sont de l’autre côté, qui disent que la réincarnation, c’est pas comme on pense, ici sur terre. C »est à dire, on n’y retourne pas forcément.

G           Non, on peut choisir. On peut attendre. Mais une personne, appelons ça une entité, qui est perfection, ne revient plus sur terre. Que si elle désire aider les humains comme Jésus, comme Bouddha, comme d’autres grands sages. C’est qu’ils se dévouent. Combien de personnes ont par exemple votre idéal, rien qu’à Strasbourg ? Combien ? Très très peu. Et cette grande masse de gens, c’est ceux qui créent le mal. Regardez rien que l’environnement actuellement. Le mal que ça fait. C’est ça. Si on réfléchit un peu plus. mais tout ça c’est des gens voraces, et une chose : gagner de l’argent ! Et plus, et plus, et plus ! Lisez encore les journaux là : les déchets ! Les déchets, les déchets empoisonnés, hein ?  Ils ne pensent pas que ça rentre dans la terre, ils ne pensent pas que ça entre dans ce qu’on mange. Ils ne pensent pas que ça émet des vibrations, comme la télévision. C’est pas bon de l’allumer toute la journée. Il y a des gens qui l’allument toute la journée. J’ai beau leur dire : ah, le petit l’allume !  Eh bien, le petit l’allume, et on ne sait pas les suites que ça va avoir d’ici trente, quarante ans. Je le dis une fois, je le dis pas une deuxième fois.

E           Et les entités disent quelque chose au sujet de la pollution ?

G           Mais oui, bien sûr !

E           Vous auriez des exemples ?

G           Non… mais enfin, euh. Ça serait peut-être trop long à vous dire. Où est-ce que je l’ai marqué ? Parce que je lis pas mal, et dans un livre, j’ai lu : un médium anglais, par exemple, en 1930, disait déjà ce qu’on arrive, vers la pollution, prolifération, trop d’enfants aussi, vous voyez ? Et ça, eh bien, on l’a depuis pratiquement une dizaine d’années. Ça a été écrit en 1930. Et les guerres ! Pourquoi il y a les guerres ? Si jamais vous avez entendu Cousteau, il a dit mais, pour mettre fin à la guerre, le désarmement ! Puis, c’est fini ! Mais non il faut vendre ! Ah, mais ça crée des emplois ! Combien de gens meurent ? Et demandez une fois au Liban pourquoi ils font la guerre ? C’est un prétexte, la religion. La religion ne veut pas de guerre. La vraie religion. Parce qu’au fond, qu’est-ce que c’est religion : c’est relier à. N’est-ce pas, si vous cherchez ? Mais chaque religion fait des règles, des dogmes, à son avantage.  Et c’est ça l’erreur. Moi, je suis libre comme les oiseaux, là-haut, que je nourri encore actuellement. Oh, je suis née dans un milieu protestant, si vous voulez, mais depuis longtemps, je ne vais plus à l’église. Parce que quand j’entends le pasteur qui dit : Oh, Jésus, qui est mort pour nos péchés ! Mais c’est un non-sens, ça ! Jésus est venu pour nous dire comment vivre, pour ne pas faire de péchés ! Alors un assassin : oh, ça fait rien, Jésus est mort pour moi. Mais non. Et pourquoi je devrais aller à l’église ? Pour entendre ces inepties, eh ben ça fait longtemps que je n’y vais plus. Mais tant qu’on a besoin de croire en quelque chose, on s’y accroche. Jusqu’à ce que la lumière se fasse en vous, alors on n’y va plus. Pourquoi j’écoute quelque chose que je peux pas assimiler ? Je perds mon temps ! Et je suis révoltée quand j’entends ça, ben je n’y vais plus depuis des années. Et si vous écoutez Jésus, ce qu’il a dit : si tu veux prier, va dans ta petite chambre. Vrai ou pas vrai ? Inutile de voir… Ah… Tous les dimanches, ils vont à l’église !

E           Pour en revenir aux maisons hantées, est-ce que vous avez des exemples précis

G           Moi, non, parce qu’heureusement, chez moi, tout est calme.

E           Mais vous avez entendu des choses ?

G           Bien sûr ! Je suis abonnée à un journal anglais, vous savez l’anglais ? Psychic News, et bien je reçois ça chaque semaine. Eh ben on en parle très souvent des maisons hantées. Il y a des gens, par exemple, quand ils traversent un certain pont, toutes les années, à la même date, les gens voient un carrosse. Et finalement, il disparaît. C’est un carrosse que des malfaiteurs, ben ils ont tué le conducteur et les chevaux, ils sont morts. Eh ben, tous les ans, à la même époque, les gens le voient. Beaucoup d’exemples, qu’il y a surtout là-dedans. Malheureusement, nous n’avons pas des journaux comme ça en France, qui déjà ne coûtent pas cher, mais c’est pour que les gens réfléchissent, voyons !  On peut pas suivre bêtement quelque chose et qu’au fond, vous n’acceptez pas !  Ca fait 6 ans que je suis abonnée à ce journal.

E           Mais à part les manifestations de type poltergeist, quel est le pouvoir de nuisance des esprits ou des entités dans une maison hantée ? Est-ce que c’est dangereux vraiment pour quelqu’un qui y est ou pas ?

G           Non, parce que, admettons, admettons. On connaitrait les lois, on pourrait dire à ces esprits : mais qu’est-ce que tu viens faire ici ?  Tu perturbes, tu nous fais peur, etc. Va de l’autre côté parce que tu n’es plus dans un corps. Et puis faites une prière, et puis vous verrez que c’est fini.

E           Donc c’est facile à faire partir ?

G           Oui !  Parce que ces gens ont besoin, déjà, de comprendre, n’est-ce pas ?  Et quand vous comprenez quelque chose, vous l’acceptez plus facilement que, ben, c’est comme ça, c’est comme ça !  Là, il y a quelqu’un qui m’a offert un livre écrit par un psychiatre né en Allemagne, mais qui exerçait, je pense qu’il ne vit plus, à Los Angeles, et qui arrivait à faire sortir l’esprit de gens qui étaient possédés.

E           Oui, j’en ai entendu parler récemment. J’ai lu un livre sur la parapsychologie. Il leur parlait. Il leur disait, effectivement, tu nuis à cette personne, laisses-la tranquille, tu seras plus heureux de l’autre côté.

G           Oui, Docteur ‘Wickland’. Et ce docteur, il a eu la chance de se marier avec une suédoise qui était médium et qui tombait en transe. Il ne dit pas de quelle façon il arrivait à sortir les esprits d’une personne possédée. Mais alors l’esprit, qui était, par exemple, en vous, entrait dans cette femme. Et il parlait par sa femme. Et il avait du mal à lui faire admettre qu’il n’était plus dans un corps !  Parce que, au fond, il se déplaçait, il mangeait, il buvait, il avait tout. Et, finalement, quand le docteur n’arrivait pas, il dit, ben écoute, si tu continues comme ça, je cherche l’appareil…, Ouh, non, non, parce que ça me brûle !  Ça ne brûle pas la personne possédée mais ça brûle l’esprit. Et alors, alors il commence à parler avec cet esprit qui possédait la personne par sa femme. Au début, il lui demandait comment tu t’appelles : je m’en rappelle pas, je m’en rappelle pas ! Qu’est-ce que tu faisais ?  Je m’en rappelle pas !  Ou différentes choses, et après, quand il a admis, qu’il était plus dans son corps, il sortait toute sa vie. Et, finalement, à la fin, quand il voyait qu’il était prêt, qu’il admettait, il lui disait : ben, regarde autour de toi. Qu’est-ce que tu vois ?  Mais je vois ma mère !  Mais ma mère, il y a des années qu’elle est décédée !  Alors, il dit : mais vous aussi, vous êtes décédé. Et la mère, par exemple dit : je te cours toujours après, et tu te sauves !  Enfin, je peux te parler !  Et, finalement, il admet qu’on l’emmène dans l’au-delà. Mais très souvent, 3-4 ans après, ces esprits essayent de rentrer dans sa femme en transe, et tous disent la même chose : ben nous attendions… Il y a beaucoup d’entités qui attendent. Nous voulons remercier le Docteur qui nous a délivré. Et maintenant, nous devons servir, et dans l’au-delà et sur la terre, et donner beaucoup d’amour. Est-ce que vous rencontrez beaucoup d’amour autour de vous ? Je pense pas. Non ? Non ?

      (…)

      La suite de l’entretien a porté sur des sujets tels que la médiumnité, l’écriture automatique, la réincarnation, les voix de l’au-delà, la guérison et autres sujets…

      Ceux-ci, ne se rapportant pas directement à ce mémoire, n’ont pas été transcris, mais restent à disposition sur bande magnétique.

      Je ne propose pas de commentaire de ces interviews. Elles permettent d’appréhender les émotions, les sensations, le vécu des personnes impliquées et, également, de se faire une idée de la complexité et de la diversité des phénomènes.

      Pour mettre de l’ordre dans ces impressions, j’invite le lecteur, dans la seconde partie de ce mémoire, à découvrir les revenants et les maisons hantées dans une perspective historique et analytique.