Introduction

            « Communiquer » avec les morts est une pratique courante depuis l’aube de l’humanité dans toutes les ethnies et peuples de notre planète. L’Homme a toujours voulu garder le contact avec ses morts et les êtres de l’invisible et a utilisé de nombreux rituels et pratiques magico-religieuses pour consolider les liens avec le monde de l’invisible.

            L’étude des pratiques rituelles de nature magiques, extatiques et spirituelles a montré que les techniques de communication avec l’invisible ont toujours été connectées à des états de transes, à des modifications des états de conscience, provoqués soit par l’ingestion de substances psychotropes, soit par l’utilisation de techniques psychophysiques entraînant des modifications dans les processus électrochimiques du cerveau.

            Transe chamanique, médiumnité, clairvoyance, possession, channeling, visions… voilà des termes familiers aux spécialistes qui se penchent sur la question des contacts avec l’Inconscient ou des êtres invisibles. Une énorme littérature existe sur ce sujet, qui analyse, répertorie, classe, commente, théorise sur ces phénomènes. Il n’est pas nécessaire d’accepter l’existence d’un au-delà où existeraient les âmes des défunts et les esprits pour étudier les pratiques qui se rattachent à ces croyances. Car pour le scientifique, ce qui importe c’est ce qui est observable, ce qui se passe lors d’un rituel, d’une extase, c’est-à-dire les modifications somatiques et mentales, le comportement, et, bien entendu, le discours. Ces observations vont ensuite permettre de nourrir les champs de la connaissance scientifique. L’existence d’un au-delà n’est pas observable, ce n’est qu’un élément qui se manifeste dans un discours, un comportement. Dans cette optique, la majorité des chercheurs considèrent qu’il n’existe pas d’au-delà, pas d’êtres invisibles et désincarnés. Autrement dit, pour eux, il n’y a pas survivance de défunts, ni d’existence d’êtres invisibles.

            Ce qui a été observé, dans certains cas particuliers, ce sont les phénomènes dits paranormaux, phénomènes produits par des humains dans certaines conditions : télépathie, clairvoyance, précognition, psychokinèse. Ainsi, dans la majorité des cas de phénomènes inexplicables penche-t-on en général vers une explication parapsychologique. Et là, la physique quantique, avec les comportements parfois bien étranges des particules, amène des éléments de compréhension dans le champ des manifestations paranormales.

            Depuis les années 1950, s’est développé un tout autre phénomène qui rassemble des caractéristiques paranormales et qui a trait aux communications avec le monde des défunts et autres esprits. C’est la transcommunication instrumentale.

            La transcommunication instrumentale, ce sont des messages dont l’origine est scientifiquement difficile à déterminer, des messages qui s’enregistrent sur des bandes magnétiques lors de sessions d’enregistrement avec de simples magnétophones à cassettes. C’est un phénomène sur lequel butent psychologues, parapsychologues, ingénieurs du son, physiciens…, car ce phénomène a quelque chose de tout à fait particulier : il utilise la technologie moderne, le magnétophone, un appareil tellement courant aujourd’hui, un appareil que tout le monde connaît et qui n’a plus de secrets. Et pourtant…

            Il enregistre, dans certaines conditions, des messages d’une nature tout à fait étonnante, aux caractéristiques parfois impossibles et il pose, depuis plus de quarante ans maintenant, le problème de l’existence d’un au-delà d’un point de vue scientifique.

            Cet exposé se propose de mettre en relief les particularités des voix paranormales reçues sur bandes magnétiques, les aspects techniques, théoriques et humains qu’implique la transcommunication, et, enfin, les différents éclairages que la science nous propose.