L’anthropologie expérimentale » Ethnologie expérimentale et ethnologie participante

En ethnologie, l’on pratique le plus souvent l’observation d’un ethnos. Mais on peut aussi pratiquer une ethnologie participante où l’ethnologue prend une part active aux événements du groupe qu’il étudie. Il pourra ainsi participer à des rituels en tant qu’invité, mais pourra également se faire initier pour connaître les choses « de l’intérieur ». C’est à ce stade que le travail ethnologique devient plus difficile : en effet la tentation est grande de ne plus être simplement un scientifique, mais de prendre parti. Certains ethnologues se voient ainsi engagés dans un combat généralement axé sur des problèmes territoriaux, environnementaux, juridiques ou autres (Jeremy Narby et la défense des peuples traditionnels contre les compagnies pharmaceutiques en est un exemple). L’ethnologue prend donc parti pour le groupe qu’il étudie : il le défend, le conseille, et/ou s’engage dans des actions humanitaires s’il estime cela nécessaire : c’est l’ethnologie engagée.

À partir de quel moment l’ethnologie devient-elle expérimentale ?

Sur le terrain, il est généralement impossible de demander aux participants d’un rituel de le recommencer plusieurs fois de suite parce que l’on voudrait vérifier tel ou tel point ou compléter ses notes. On est généralement obligé d’attendre une prochaine session. Et c’est en général la meilleure solution.

Cependant, dans certains cas, il peut être envisageable d’avoir recours à l’expérimentation. Surtout lorsqu’il est impossible d’assister à une cérémonie réelle. C’est là que l’ethnologie expérimentale entre en jeu. C’est aussi lorsque l’on se pose la question : « est-ce que ça marche et comment ? » Pour mon travail de thèse, il s’agissait plus précisément de chamanisme expérimental impliquant une technique d’induction de transe découverte par Felicitas Goodman.

Mais avant d’aborder cela, voyons d’abord les expériences menées autour du rythme du tambour.