L’apport des Sciences Humaines

            Outre l’aspect purement technologique, l’apport des sciences humaines, dans une meilleure connaissance des processus, est fondamental.

            Christine Bergé[1], ethnologue, nous invite, concernant l’étude de ces phénomènes, non plus à une anthropologie religieuse mais à une anthropologie de la communication et à une anthropologie de la machine : « Une anthropologie de la machine devrait pouvoir interroger les modes d’usage et d’invention des machines, interroger les dimensions symboliques inclues dans la manipulation des machines. Dans le cas qui nous intéresse, la notion de «sujet» est directement interrogée dans le rapport à la machine, puisqu’il s’agit constamment de chercher à identifier les auteurs des messages, d’y développer un rapport pédagogique entre chercheur et désincarné, et de trouver dans ce rapport un appui pour le lien intersubjectif : le creuset neutre de la machine comme réunificateur général des humains et des êtres de l’au-delà. »

            Pour ma part, l’étude des états de conscience modifiés impliqués dans la pratique de la transcommunication me semble également être un aspect digne d’intérêt.

            En effet, il est à noter que la plupart des expérimentateurs mettent l’accent sur la patience, la concentration, la force de caractère, la disponibilité… comme conditions psychologiques inhérentes à l’expérimentation. C’est à ces seules conditions, indiquent-ils, que des voix paranormales peuvent être obtenues. D’autres part, les voix elles-mêmes mettent l’accent sur l’importance de l’attitude mentale à observer pour établir la communication (« Koste, Konzentration! », « Was enervierst du dich? » (pourquoi tu t’énerves?), K. Raudive). En effet, disent-elles, la machine n’est pas tout : sans l’esprit, la transcommunication ne fonctionne pas.

            Certains expérimentateurs avancent qu’il est préférable de posséder des dons de médiums pour obtenir des voix mieux audibles… Ces dons ne sont toutefois pas indispensables. Les personnes qui ont fréquenté Konstantin Raudive ont cru qu’il possédait un don médiumnique exceptionnel qui lui a permis de recevoir ces milliers de voix sur ses bandes magnétiques. Or, plus tard, ces personnes se sont rendues compte que, même en son absence (il était alors à des kilomètres de chez lui), les voix s’enregistraient tout de même sur ses appareils. Christine Bergé assimile la transcommunication instrumentale à une forme particulière de médiumnité : le médium artificiel[2].

            Il serait intéressant de mesurer les trains d’ondes cérébrales des expérimentateurs en action afin d’établir leur cartographie EEG et d’enregistrer les modifications au niveau des hémisphères cérébraux lors des séances d’enregistrement de voix paranormales. Cela pourrait fournir de précieux renseignements quant à l’utilisation de facultés mentales spécifiques, voire parapsychologiques, lors des séances.

            Les voix paranormales disent utiliser l’énergie personnelle des expérimentateurs, en plus de l’énergie des appareillages. Il serait dont intéressant de mesurer les champs biologiques de nature électriques, magnétiques, micro-ondes, radios, infrarouge, et autres, des expérimentateurs afin de voir s’il se produit des variations et dans quelles proportions.

            Des phénomènes d’ordre physiques sont certainement à l’oeuvre puisque de nombreux expérimentateurs signalent une fatigue inhérente à la pratique. Monique Simonet[3] rapporte : « Cette fatigue est susceptible d’engendrer un déséquilibre physique intense (…). Personnellement, je peux (…) enregistrer assez longtemps. Dans la plupart des cas, pourtant, je ressentais nettement ensuite un début d’épuisement et un repos d’une durée variable, parfois de quelques jours, parfois moins, m’était nécessaire. ».

            François Brune ajoute à ce propos : « … beaucoup de messages reçus en transcommunication nous affirment que, pour établir le contact, nos chers disparus doivent puiser dans les énergies de l’opérateur terrestre. De fait, beaucoup d’expérimentateurs ont noté, après chaque enregistrement, une grande fatigue qui ne leur semblait pas due à la seule attention nécessaire. Nous avons d’ailleurs une confirmation indirecte de ce processus de «pompage», par les trépassés, de l’énergie nécessaire à ces communications, dans l’observation faite par le professeur S. Darnell à propos des plantes. Au cours des enregistrements faits à leur proximité elles se fanent rapidement[4]. »[5]


[1] – Christine Bergé, La voix des Esprits, Ethnologie du Spiritisme, page 122.

[2] – op. cit., page 178.

[3] – Monique Simonet, Réalité de l’Au-delà et Transcommunication, page 65.

[4] – S. Darnell, El misterio de la psicofonia, Ed. Fausi, 1987.

[5] – Rémy Chauvin, François Brune, En Direct de l’Au-delà, pages 85-86.