Le phénomène

manière vraiment spectaculaire la première fois chez le chanteur d’opéra et peintre Friedrich Jürgenson qui, de 1959 à 1987 ‑ date de sa mort ‑, a contribué à le faire connaître et à le rendre célèbre. Konstantin Raudive (écrivain, psychologue, parapsychologue) a bientôt suivi ses traces et a, lui aussi, enregistré des dizaines de milliers de voix sur ses magnétophones[1]. Depuis, de nombreuses personnes et expérimentateurs[2] de par le monde enregistrent et communiquent avec des «entités» dont les messages, de jour en jour, de mois en mois et d’année en année, se présentent de plus en plus nombreux, clairs et précis. Un phénomène passionnant, qui ouvre peut-être sur un autre univers : celui des défunts, des esprits, le monde invisible…

            Cette forme de communication avec les morts est totalement révolutionnaire dans la mesure où, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, s’enregistrent des voix d’origines inconnues[3] sur bande magnétique. En raison de leur caractère tout à fait particulier, ces voix sont qualifiées par les parapsychologues de voix paranormales, et c’est ainsi que je les désignerai dans le cours de cet exposé. Une des caractéristiques majeures faisant de ces voix paranormales un sujet d’étude très intéressant est la reproductibilité du phénomène : les messages peuvent être copiés et distribués, et toute personne intéressée, avec de la patience, peut en enregistrer; le contact avec une dimension insoupçonnée est direct.

            Ce phénomène ne peut plus être mis en doute en 1995. Depuis le tout début de son apparition jusqu’à aujourd’hui, de nombreux physiciens et techniciens de la radio et de la télévision se sont penchés sur ces manifestations et ont traqué la supercherie et les truquages. Il n’a pu être mis en évidence aucun subterfuge d’aucune sorte qui puisse discréditer ces manifestations. Appareils électroniques, bandes magnétiques, connections, câbles… tout a été minutieusement vérifié, testé, démonté. Du laboratoire du physicien au studio radio ou télévision, de très nombreux spécialistes, de disciplines diverses, ont conclu que le phénomène existe, bien qu’il leur soit incompréhensible : la physique, en l’état actuel des connaissances, ne peut apporter aucune explication satisfaisante.

            Certains sceptiques ont affirmé que les voix paranormales étaient des phénomènes électromagnétiques parasites : des réceptions de bribes d’émissions radio réfléchies par des phénomènes météorologiques. Cette approche a été écartée par de nombreux tests très rigoureux : des expériences et contre-expériences (à l’aide de la cage de Faraday et de la cloche à vide, par exemple) ont démontré que des appareillages totalement protégés et isolés de toute manifestation imaginable d’influence magnétique, électrique, électrostatique, radiophonique… recevaient et enregistraient tout de même des voix paranormales.

            Cela fait donc plusieurs décennies que des spécialistes analysent et décortiquent la technologie pour comprendre ce qui se passe dans les circuits électroniques. De plus, le phénomène s’adapte et évolue en s’appropriant les nouvelles technologies : du gros magnétophone à bande des années 1950, en passant par les magnétophones à cassettes d’aujourd’hui, jusqu’aux téléviseurs, ordinateurs, téléphones et télécopieurs.


[1] – Environ 80 000 voix, composées d’expressions et de courtes phrases. H.V. Bearman, Raudive Voices, dans Überleben wir den Tod?, Konstantin Raudive, page 344.

[2] – Expérimentateurs : ceux qui pratiquent la transcommunication instrumentale.

[3] – D’après les discours des voix paranormales, elles ne « résideraient » pas toutes dans le même univers.