Le contrôle des rêves lucides

D’après Celia Green, le rêveur lucide a très peu de contrôle sur l’environnement de rêve. Il est plus spectateur qu’acteur, dans la plupart des cas. Il peut arriver qu’un rêveur lucide ait un but et l’oublie pendant son expérience ou qu’il ait beaucoup de mal à parvenir à réaliser son désir. Avec de la pratique, on peut arriver à avoir plus de contrôle et à modifier de manière lucidement volontaire les données du rêve en cours. Dans ces cas, le rêveur lucide utilise des sortes de codes, des programmes qu’il a lui-même développés. Ainsi, pour certains, fermer les yeux sert à changer le décor dans lequel il évolue ; pour d’autres, fermer les yeux dans le rêve les réveillera. LaBerge tourbillonne sur lui-même pour maintenir la lucidité en rêve ou stabiliser le rêve.

Par contre, allumer ou éteindre la lumière est plus difficile dans la mesure où, en rêve lucide, il n’y a pas de lien direct entre un interrupteur et une source lumineuse. Certains contournent le problème en fermant les yeux lorsqu’ils manipulent un interrupteur et cela a une action sur la lumière. Ce sont des petits « trucs » qui permettent de simuler la réalité de veille dans cet état très particulier qu’est le monde du rêve lucide.

Florence Ghibellini pense

« qu’on maîtrise ses rêves dans la mesure où on maîtrise sa concience et son mental. Tout travail sur les états de lucidité dans le sommeil qui ne passe pas par un travail sur la conscience est vain. (…) Quand on voit que de “grands” rêveurs lucides ne parviennent toujours pas à allumer en rêve l’interrupteur de leur cuisine ou restent régulièrement collés par terre quand ils veulent s’envoler, on est en droit de se demander s’il n’existerait pas des voies de progression plus sûres que celles qu’ils nous proposent. »[1]

Ainsi, le contrôle en rêve lucide n’est pas inné, il est le résultat d’un apprentissage, d’une adaptation à un nouveau milieu, inhabituel pour la pensée du monde diurne.

[1] Florence Ghibellini, Conscience et rêve lucide — 200 récits de rêves commentés — 1991-1998, p. 2.