Le rêve lucide dans la recherche contemporaine

Avant d’aborder le rêve lucide en lui-même, voici comment Alan Worsley définit la lucidité dans le rêve lucide :

« Il existe plusieurs définitions de la lucidité. La plupart gravitent autour de l’idée que le rêve est lucide si le rêveur sait qu’il est en train de rêver. J’irais plus loin : la lucidité peut être partagée en deux composantes, la connaissance et la pensée claire. Cela ne sert pas à grand chose de savoir qu’on rêve si l’on ne peut pas penser clairement. La “connaissance”, dans ces conditions limitées, sera inévitablement d’une utilité tout aussi limitée si sa signification ne peut être efficacement perçue par toutes les parties concernées. De même, être capable de penser clairement mais, à l’évidence, en plusieurs occasions, pas assez clairement pour réaliser qu’on est en train de rêver, ne suffit pas si l’on veut vraiment explorer le monde onirique en sachant ce que l’on fait. »[1]

Le rêve lucide est un état dans lequel une personne rêve tout en prenant la direction, tout a fait consciemment, de son rêve. Dans certains cas, la personne serait capable de voir son corps endormi. D’après les témoignages de rêveurs lucides expérimentés, les perceptions d’un rêve lucide auraient plutôt le caractère de la réalité. Tous les modes sensoriels de l’état d’éveil seraient activés et, dans certaines situations, des modifications somatiques seraient vécues.[2] Voici ce que nous rapporte Christine Hardy[3] :

« En 1975, Keith Hearne, psychologue, entreprit une étude physiologique[4] à l’Université Hull, en Angleterre, avec un sujet qui avait très souvent des rêves lucides de façon spontanée. Ayant eu “l’idée qu’il était peut-être possible que le rêveur puisse, pendant un rêve lucide, communiquer avec le monde extérieur”, Hearne avait demandé au sujet d’exécuter une série de 7 à 8 signaux oculaires (en tournant ses yeux à gauche, puis à droite) et d’essayer d’appuyer sur un bouton, lorsqu’il serait conscient pendant un rêve. Vers le matin, alors que le sujet était en stade REM[5] du sommeil depuis déjà une demi-heure, les mouvements codés apparurent soudain sur le graphe (Hearne enregistrait l’EEG, l’EOG [électro-oculogramme] et l’EMG [électromyogramme]). (…) Puis il eut un autre rêve et fit de nouvelles séquences de signaux, certaines lentes et d’autres rapides. Hearne remarqua que les séquences de signaux que le rêveur dit avoir fait correspondaient “presque exactement” à celles qu’il avait observées sur le graphe, ce qui prouvait un réel passage d’information entre l’état de rêve et le conscient du sujet qui se rappelle son rêve. (…) Un jeune psychologue très brillant de l’Université de Stanford, Stephen LaBerge, a fait faire un nouveau bond à l’étude du rêve lucide. (…) “…les rêveurs peuvent envoyer intentionnellement des signaux au monde extérieur tout en continuant à rêver”. Enfin, il apparaissait aussi de façon éclatante que “la connaissance présente dans le rêve pendant la phase REM peut être beaucoup plus rationnelle et réfléchie que ce qui a été assumé communément”. Cette possibilité de marquer le moment exact d’événements se passant dans le rêve provoqua un grand enthousiasme pour les diverses avenues de recherche que cela ouvrait. »

« Le sujet se réveilla vingt secondes à peu près après le signal et rapporta qu’il avait eu un rêve lucide et qu’il avait exécuté le signal convenu, c’est-à-dire en levant les yeux (U sur l’EOG), puis en faisant une séquence de serrements du poing gauche (L) et du poing droit (R), donnant le code en morse des initiales du sujet : SL. Les trois critères de la phase REM du sommeil sont présents : basse amplitude sur l’EMG du menton, des REM épisodiques, et un EEG de basse amplitude et de fréquences mélangées. Les initiales SL donnent donc, en morse : LLL LRLL, ce qui est reconnaissable sur la figure. » (LaBerge, 1980)[6] :
Tracés EEG, EOG, EMG d'un sujet rêvant
Tracés EEG, EOG, EMG d’un sujet rêvant

Tracés EEG, EOG, EMG d’un sujet rêvant

 

Stephen LaBerge, psychologue à l’Université de Stanford aux États Unis, démontre donc ensuite que des rêveurs peuvent continuer à rêver et être en même temps conscient de leur état de rêveur. Patricia Garfield, docteur en psychologie et anthropologue, a consacré une grande partie de sa vie à expérimenter et à explorer ce domaine vierge.

Pour notre culture occidentale issue du judéo-christianisme, le rêve nocturne n’est qu’un épiphénomène généré par le sommeil. Il est nébuleux, illogique, irréaliste, hors du « réel » — et donc, finalement, peu digne d’intérêt. N’étaient les approches psychanalytiques, le rêve ne serait vraiment pas grand-chose, juste une résurgence anarchique de ce qui a été vécu dans la journée, ou bien le résultat d’une mauvaise digestion. Mais avec ces approches, le rêve, pour nous, est devenu signe de quelque chose : signe d’états psychiques, et à décrypter alors comme tels — et en tous cas subis passivement et non contrôlés[7].

Mais il n’y a pratiquement rien, dans notre culture, pour nous parler des rêves lucides, pourtant connus et expérimentés par d’autres cultures. Et ce n’est donc que depuis ces quelques deux décades que des recherches sur ce plan ont été entreprises et poursuivies.

Le psychisme humain, quelle que soit la culture, est habité par des archétypes, des symboles, des structures, universaux. Rêver est commun à toute l’humanité et les recherches scientifiques ont démontré qu’à l’âge de soixante ans, un être humain a passé au moins cinq années de sa vie dans cet état de conscience particulier qu’est le rêve : le douzième du temps vécu depuis la naissance. En fait, rêver occupe au moins deux heures de chacune de nos nuits, heures que les Sénoï utilisent volontairement à se créer du plaisir et des pouvoirs au service de la plénitude et du vécu diurnes. Heures que les yogis tibétains utilisent à approcher la réalité ultime de la Connaissance.

Les travaux de Garfield et de LaBerge ont abouti à des constatations surprenantes concernant les personnes qu’ils ont entraînées au rêve lucide. Ils ont observé que cette aptitude pouvait opérer d’étonnantes métamorphoses dans le comportement et les capacités, ainsi qu’au niveau de l’équilibre et de la force de la personnalité lors de l’état de veille. Ainsi, des personnes qui ont appris à devenir lucide en rêve ont pu y trouver des avantages considérables.

L’entraînement pour parvenir à acquérir la technique du rêve lucide nécessite de la persévérance et de la patience, mais ce que l’on obtient alors en vaut largement la peine. Ce n’est pas pour rien si Garfield, Stewart et LaBerge ont développé une approche psychothérapeutique par le rêve lucide : en effet, le pouvoir de guérison psychique semble en être énorme. Et cela semble évident puisque dans le rêve (lucide ou non), on serait en prise directe avec les « banques de données » inconscientes et avec l’inconscient lui-même — justement là où se trouvent les blocages.

Dans le rêve lucide, le rêveur peut prendre le contrôle de ce qui se passe. C’est lui qui décide — quand il en a une excellente maîtrise — de ce qu’il veut vivre, expérimenter, trouver, changer, guérir, rencontrer… C’est lui qui imprime ses choix — et non plus ses résistances, ses peurs et ses angoisses ; c’est lui qui s’implique, veut, ordonne et obtient. Pendant que son corps dort et se repose, le mental est conscient et actif, opérationnel et déterminé, il explore et il apprend.

Voici, d’après les conclusions des principaux spécialistes de la question (LaBerge, Garfield, Green), les bienfaits que l’on peut obtenir de l’apprentissage de cet ENOC qu’est le rêve lucide :

— élimination des blocages, des peurs et des angoisses

En utilisant le rêve lucide comme une sorte de simulateur, c’est-à-dire en faisant face à ses peurs et ses angoisses mis en situation pendant le rêve lucide, on peut s’en guérir. Dans des rêves angoissants, des cauchemars, le fait de faire face au danger en devenant lucide permet de réduire considérablement la fréquence de ces mauvais rêves jusqu’à ne plus en faire. Cette action en rêve a ensuite une répercussion bénéfique sur la vie diurne.

— amélioration de la santé et du bien-être psychique et physique

De la même manière que l’on peut se débarrasser de ses peurs et de ses angoisses, il est possible de travailler sur ses problèmes ou manques psychologiques. Par exemple, intégrer consciemment en rêve lucide des aspects de sa personnalité, rejetés lors de vécus traumatiques, est une forme de rééquilibrage possible du psychisme. La résolution d’un conflit en rêve lucide permet souvent de ressentir un bien-être psychologique et, en ce sens, ceci est curatif. LaBerge considère qu’« il n’est peut-être pas nécessaire d’interpréter un rêve pour résoudre des conflits intrapersonnels. Dans bon nombre de cas, il est possible de les résoudre symboliquement au cours du rêve lui-même. »[8]

En ce qui concerne les répercussions sur le plan physique, il est théoriquement possible d’avoir en rêve lucide une action sur le corps. Les recherches sont en cours. La visualisation, utilisée dans de nombreuses techniques psychothérapeutiques (rêve éveillé dirigé, imagination active orientée, sophrologie, techniques de régressions…) et thérapeutiques (Grof et Simonton pour la thérapie anti-cancer, par exemple) a fait ses preuves et, utilisée pendant le rêve lucide, elle pourrait être encore plus efficace. D’après LaBerge, le rêve lucide est la forme d’imagerie mentale la plus vivace, la plus aboutie, la plus parfaite et la force de cette visualisation aurait donc un plus grand impact sur les plans physique et psychique du rêveur. Ces conclusions font suite aux observations en laboratoire où les rêveurs lucides montrent une étroite corrélation entre leur comportement onirique et leurs réactions physiologiques.

— amélioration de ses performances personnelles aux niveaux physique et psychique

Il est possible de travailler sur ses propres performances comme dans un simulateur, c’est-à-dire de répéter les actions qui vont permettre de faire des progrès en tel ou tel domaine. D’autres techniques de visualisation en programmation neuro-linguistique (PNL) ou en caisson d’isolation sensorielle (CIS) sont aujourd’hui utilisées pour entraîner des sportifs de haut niveau. On pourra faire de même avec des personnes entraînées au rêve lucide lorsqu’on aura mis au point un procédé rapide d’induction de la lucidité en rêve — des appareils existent déjà[9].

— stimulation de la créativité et de l’intuition

Cela pourrait être une des applications les plus intéressantes. Beaucoup de découvertes et d’inspirations ont été faites en rêve. Pour n’en citer que quelques unes : le tableau périodique des éléments pour Dimitri Mendeleïev ; la machine à coudre pour Elias Howe[10] ; la structure du benzène pour Friedrich Auguste Kekule ; la « Sonate du Diable » de Giuseppe Tartini… Le rêve lucide est une voie qui permettrait d’orienter consciemment la recherche.

— modification du comportement par apprentissage de nouveaux comportements

C’est en quelque sorte une reprogrammation de notre psychisme. Cela est déjà mis en pratique par la PNL et par les procédés mis au point par John Lilly pour le caisson d’isolation sensorielle (CIS). Le rêve lucide se prête admirablement bien à cette fonction. LaBerge cite quelques exemples dont celui du joueur de golf Jack Nicklaus[11] qui vit et expérimenta en rêve lucide la solution au swing qu’il n’arrivait pas à résoudre. Une joueuse de hockey sur glace parvint à améliorer notablement sa manière de patiner.[12]

— résolution de problèmes et de questions en suspens

Il s’agit là de développer son intuition et sa capacité à analyser un problème. En rêve, nous avons en principe accès à la totalité de l’information stockée dans notre mémoire, et ce qui est vrai en rêve l’est aussi pour le rêve lucide. En simulant la rencontre avec de grands mathématiciens, de grands philosophes et autres sommités afin qu’ils dialoguent avec notre Moi de rêve, nous pouvons, par leur intermédiaire, créer un interface de communication avec nos « banques de données »-mémoire inconscientes et avoir donc accès à une masse d’informations énorme. Cette simulation de dialogue permet de traiter l’information, de la cataloguer et, avec l’aide de l’intuition, en générer la résolution de problèmes.

— exploration des espaces intérieurs et « extérieurs »[13]

« Selon William Blake, “La philosophie orientale a enseigné les premiers principes de la perception humaine…” En ce qui concerne la maîtrise onirique, l’existence d’un “guide du monde intérieur” tibétain, vieux de 1200 ans, Le yoga de l’état de rêve, atteste l’exactitude du propos de Blake. L’une des pratiques décrites est dénommée la “transmutation du contenu onirique”. Grâce à elle, le yogi est capable de visiter, à son gré, tout royaume de création. Non que les yogis attachent une importante particulière à cette activité, mais elle sert d’épreuve de compétence que l’aspirant doit franchir, avant de poursuivre son chemin vers l’étape suivante, l’illumination. »[14]

Le rêve lucide est aussi un excellent moyen d’évasion, de voyage dans des paysages et / ou des univers oniriques particulièrement attrayants — ils peuvent aussi être effrayants — ; tout à fait comme si l’on partait en voyage en Égypte, par exemple, mais sans les inconvénients du voyage véritable. Une petit odyssée : une nuit en Égypte, une autre en Australie, une autre au Tibet, une autre sur… Mars, ou dans des contrées totalement inconnues, créées en rêve, un peu comme ces univers d’images de synthèse qui régneront dans les ordinateurs du futurs et que l’on dénomme le cybermonde…

— le rêve lucide peut être une base pour accéder à l’OBE, c’est-à-dire la sortie hors du corps

À ce propos, LaBerge considère l’OBE comme un rêve partiellement lucide. Il cite l’exemple d’un sujet qui, en sortie hors du corps, va dans sa cuisine, se regarde dans un miroir, ne s’y voit pas, puis retourne dans sa chambre pour contempler son corps physique allongé sur son lit, à la place duquel il voit le corps de sa mère décédée. Le sujet en déduit que l’esprit de sa mère l’accompagnerait dorénavant dans ses pérégrinations. Pour LaBerge, le sujet n’a pas remarqué qu’il rêvait et, en conséquence, il tire des conclusions erronées de son expérience : « C’est le type même de mélange contradictoire et confus d’éléments mentaux et matériels qui caractérise aussi le rêveur naïf ou prélucide. »[15]

Je développerai cette question de la qualité de l’acuité de la conscience en rêve lucide ou en sortie hors du corps plus loin après avoir abordé l’OBE (cf. infra p. 14). Au delà des divergences de vues des différents chercheurs, rêve lucide et OBE semblent en fait bien plus proches l’un de l’autre et on peut supposer qu’ils sont de nature similaire.

 

— quelques autres caractéristiques du rêve lucide

  • Le temps

Voici la méthode utilisée par LaBerge pour estimer le temps en rêve lucide :

« On donne pour consigne aux onironautes de signaler l’instant où ils deviennent lucides, puis dévaluer un intervalle, disons de 10 secondes, en comptant jusqu’à 10 dans le rêve. Le rêveur lucide émet à nouveau un signal afin d’indiquer la fin de l’intervalle, ce que l’on peut directement mesurer sur l’enregistrement polygraphique. »[16]

D’après cette technique, LaBerge conclut que le temps, en rêve lucide, se vit au même rythme approximativement que le temps de l’état de veille.

  • Compter et chanter

Pour mettre en évidence l’activation des ondes cérébrales relatives à une activité spécifique à chaque hémisphère cérébral, LaBerge a tenté une série d’expériences sur lui-même et deux autres sujets. Il voulait savoir si le chant — qui active l’hémisphère droit en état de veille — et le calcul mental — qui active l’hémisphère gauche — avaient les mêmes propriétés si elles étaient accomplies par un rêveur lucide. Sa conclusion est positive : le chant du rêveur lucide active l’hémisphère droit et le calcul mental active l’hémisphère gauche comme à l’état de veille.

  • La lecture en rêve lucide

Pour certains, la lecture y est impossible ; pour d’autres, elle est difficile ; d’autres encore lisent avec facilité. Moi-même, dans mes rêves lucides, n’ai aucune difficulté à lire : cela se passe comme dans la réalité. Certains rêveurs, par contre, voient les lettres se transformer en hiéroglyphes ou autres symboles tout en révélant du sens. Il arrive aussi que l’essai de lecture mène au réveil car le rêveur croit qu’en lisant, il va perdre sa lucidité. La lecture absorbe généralement une grande attention chez le lecteur à tel point que la perception de son environnement passe au second plan. Pour le rêveur lucide, la perte de la lucidité est désagréable et frustrant. D’autres « blocages » vis-à-vis de la lecture existent qui font croire au rêveur lucide que le contenu d’un texte ne peut provenir que de son psychisme et donc qu’il est sans grand intérêt.

[1] Alan Worsley, « Rêves d’interprétation », in : Rêver, n°4, p. 122.

[2] Christian Stephan, « Klartraüme : Bewußtes Traümen als Weg zur Selbstverwirklichung », in : Esotera, n°12, décembre 1982, pp. 1090-1099.

[3] Christine Hardy, op. cit., pp. 37 et suivantes.

[4] Keith Hearne (1982) : « Signals from another world« , in : Dream Network Bulletin, vol. 1, no. 5. ibid.

[5] Rapid eye movement : c’est dans cette phase de mouvements oculaires rapides que le sujet rêve.

[6] Stephen LaBerge (1980) : « Lucid dreaming as a learnable skill : a case study. » Perceptual and motor skills, Vol. 51 (p. 1039-1042). Christine Hardy, op. cit., p. 41.

[7] Il s’agit ici du rêve nocturne, fait pendant le sommeil, et non pas du rêve éveillé, dirigé ou non.

[8] LaBerge, op. cit., p. 196.

[9] Le Nova Dreamer mis au point par Stephen LaBerge, par exemple.

[10] « … Howe avait fabriqué les aiguilles, lors de ses premières tentatives infructueuses, avec un chas au milieu de la tige. Son cerveau était occupé nuit et jour par cette invention, jusque dans son sommeil. Une nuit, (…) il rêva qu’il avait été capturé par une tribu de sauvages qui amenèrent le prisonnier devant leur roi. ‘‘Elias Howe’’, rugit le monarque, ‘‘je vous ordonne de terminer cette machine immédiatement, sous peine de mort.’’ Son front se couvrit d’une sueur froide, ses mains tremblèrent de peur, ses genoux claquèrent. Quoi qu’il tentât, l’inventeur ne pouvait trouver la clé du problème sur lequel il travaillait depuis si longtemps. Tout lui semblait si vrai qu’il se mit à pousser de grands cris. Dans sa vision, il se vit entouré de guerriers à la peau sombre et peinte qui formèrent un carré évidé autour de lui et le conduisirent au lieu d’exécution. Tout à coup, il remarqua, à la pointe des lances que portaient ses gardes, des trous en forme d’œil ! Il avait percé le secret ! Ce dont il avait besoin, c’était une aiguille avec un chas près de la pointe ! Il s’éveilla de son rêve, sauta hors du lit et réalisa aussitôt un prototype de l’aiguille avec le chas près de la pointe. » LaBerge, op. cit., pp. 204-205.

[11] « … j’ai fait un rêve relatif à mon swing. Je frappais joliment bien la balle en rêve, lorsque tout à coup je m’aperçus que je n’y tenais pas mon club comme je l’avais en réalité tenu ces derniers temps. Alors que j’avais du mal à faire redescendre mon bras droit en gardant mon coude serré contre mon corps, j’y réussissais parfaitement en rêve. Ainsi, en arrivant hier matin sur le terrain ai-je essayé de tenir mon club comme dans mon rêve, et ça a marché ! » Ibid., p. 206.

[12] « En rêve, j’étais sur une patinoire avec un certain nombre d’autres personnes. Nous disputions une partie de hockey et je patinais comme je l’avais toujours fait, de manière efficace mais hésitante. C’est alors que je pris conscience de rêver et donc autorisai ma connaissance supérieure à prendre les rênes de ma conscience. Je m’abandonnai au brio d’un patinage accompli. La peur et l’hésitation avaient subitement disparu ; je patinais comme une pro et me sentais aussi libre qu’un oiseau. Quand je suis retournée à la patinoire, j’ai décidé d’essayer cette technique du lâcher prise. J’ai retrouvé à l’état de veille la qualité de l’expérience onirique. Me souvenant de la manière dont je m’étais sentie durant mon rêve et, comme un acteur dans un rôle, je suis ‘‘redevenue’’ une patineuse accomplie. Je me suis lancée alors sur la glace… et mes pieds ont suivi mon cœur. J’étais libre. Cela s’est passé il y a un an et demi. Dès lors, j’ai toujours patiné avec cette liberté, et le même phénomène s’est reproduit spontanément pour le patin à roulette et le ski. » Ibid., p. 207.

[13] Je mets ici ce terme entre guillemets car le terme extérieur recouvre notre espace physique tridimensionnel et également des espaces vécus comme extérieurs à soi-même et possédant des caractéristiques physiques : autrement dit ce que l’on peut appeler les autres plans de réalités.

[14] LaBerge, op. cit., pp. 210-211.

[15] LaBerge, op. cit., p. 250.

[16] Ibid., p. 101.