Les caractéristiques des voix paranormales

            Un observateur extérieur, qui ne pratique pas la transcommunication, aura tendance à dire que les expérimentateurs dialoguent avec leur Inconscient en utilisant un nouvel ustensile-symbole de notre monde moderne ‑ le magnétophone ‑, là où nos parents utilisaient la planchette oui-ja ou le guéridon.

            Tous les expérimentateurs ‑ incluant ceux qui sont aujourd’hui décédés ‑ ont tous été sceptiques avant d’avoir eux-mêmes obtenus des messages sur leur magnétophone. Tous ‑ et ceci est important ‑ ont finalement été convaincus de la réalité du phénomène, ils ont été persuadés qu’ils parlaient à de véritables interlocuteurs, avec lesquels il leur était possible de communiquer et qui s’adressaient à eux nominativement. Les expérimentateurs affirment avec force que les voix ne sont pas la matérialisation de leurs propres désirs inconscients, comme le prétendent certains tenants de la théorie dite animique. Les séances d’enregistrement sont en fait de véritables dialogues, en ce sens que les voix réagissent aux questions et aux préoccupations des expérimentateurs. Le message et l’information circulant dans les deux sens, il semblerait bien qu’il y ait là un « pont » qui s’élance vers un univers invisible.

            Depuis les années 1950, des dizaines de milliers de voix paranormales ont été enregistrées. Un nombre important des bandes magnétiques ayant appartenu à Friedrich Jürgenson attend encore d’être répertorié et catalogué. Les autres expérimentateurs : Konstantin Raudive  (décédé en 1974), Franz Seidl ( décédé en 1982), Père Léo Schmid,  Hanna Buschbeck (décédé),  Fidelio Köberle,  Hans Otto König,  Klaus Schreiber (décédé), Martin Wenzel, Marcello Bacci, George W. Meek, Peter et Gisela Härting (), Dr Dieter Kaempgen, Raymond Bayless, Karl Pfleger (curé de Behlenheim en Alsace, décédé), Georg Biron, Hildegard Schäfer, Ernst Senkowski, Monique Simonet et bien d’autres ont, eux aussi, enregistrés des milliers de voix.[1]

            Toutes ces personnes sont catégoriques : les voix s’adressent aux personnes présentes lors des séances d’enregistrement. Ces messages, pour eux, sont ciblés et intentionnels.

            Afin de mieux faire comprendre la nature des voix paranormales, je donne ci-après quelques exemples à titre d’illustration. Il est clair que, dans ce domaine particulier, l’écriture ne permet pas de restituer l’univers sonore tout à fait original que l’on découvre sur les supports magnétiques. Pour permettre également de mieux cerner la diversité des phénomènes qui accompagnent les voix paranormales, j’ai classé les manifestations par rubriques.

   Les voix rassurent les vivants

            La grande majorité des messages vise à apporter un soutien moral aux personnes qui ont perdu un être cher. Les voix rassurent ainsi les vivants, elles apportent un énorme soulagement aux personnes restées sur terre et facilitent le travail du deuil[2]. Ce réconfort ouvre à une nouvelle dimension dans la vie des sujets et la certitude de retrouver le(s) disparu(s) après la mort apporte courage et bonheur aux vivants. Cet aspect du phénomène à lui seul est très important. Même dans l’hypothèse où ces personnes s’illusionneraient sur leur(s) interlocuteur(s) de l’invisible, elles retrouvent rapidement la sérénité. Voici quelques exemples de messages qui illustrent ce propos :

       Une grand-mère demande à Monique Simonet de l’aider à entrer en contact avec sa petite fille. « Nathalie, une superbe jeune fille, était toute sa vie; elle l’avait élevée; une terrible maladie venait de la lui enlever. La souffrance de cette grand-mère me touchait profondément. (…) C’est d’une voix étonnamment terrestre que la jeune fille se manifesta au bout seulement d’une dizaine de secondes : «C’est Nathalie… Je suis heureuse, ma petite Mamie… J’suis heureuse… C’est dur d’être sur la terre… Mamie, je t’aime… Je viens auprès de toi… Je suis heureuse…» (…) C’est une grand-mère infiniment émue qui me téléphona dans les jours qui suivirent, dès qu’elle eût écouté la cassette (…). Elle ressentait toujours la cruelle peine de la séparation, mais elle était apaisée : son enfant chérie était heureuse et venait tout près d’elle… »[3]

       Nicole D. cherche une preuve de la survivance de son époux, Alfred, mort d’un cancer. Elle demande à Monique Simonet de l’aider. Voici les réponses :

Mon coeur est là
Je suis toujours avec elle
C’est dur…
Je  l’aime
C’est vrai qu’on est là…
On a le moral ici!
Mon amour… Je t’aime.[4]

            Je ne m’étendrai pas sur cette catégorie de messages car ils se ressemblent tous et n’apportent que peu de données sur la nature des voix paranormales, si ce n’est qu’en résumé, leur sens général tend à apporter aux vivants l’information que la mort n’est pas une fin, qu’il n’est pas nécessaire d’avoir peur de mourir, que les défunts se portent bien. Ces messages sont tendres, rassurants et encourageants. Ce qui est « matraqué » avec insistance est le fait que la vie après la mort existe bel et bien et que l’espoir de rencontrer les êtres que l’on a aimés est tout à fait réel. Ce point est également toujours présent dans les exemples qui vont suivre.

   Messages à caractère informationnels

            Une autre catégorie des messages se rapporte à des communications à contenus technique et philosophique. Les données techniques sont destinées à améliorer la transmission entre les deux « univers », notre monde matériel peuplé d’humains vivants et le monde des défunts. Les expérimentateurs auraient ainsi la possibilité de travailler en relation avec des « chercheurs » de l’invisible qui se présentent soit comme décédés, soit comme des entités non humaines. De plus, de nombreux messages philosophiques renseignent les vivants sur l’au-delà et certains de ses aspects. Voici quelques exemples :

     Messages à caractère technique :

« Radio ist besser! Radio ist gut! » (La radio est meilleure! La radio est bien!), Konstantin Raudive[5]

« Nehme eine andere Frequenz » (Sélectionne une autre fréquence), Hans Otto König

« Da fehlt eine Frequenz » (Il manque une fréquence), Hans Otto König

« Nimm Musik » (Utilise de la musique), Hildegard Schäfer

     Messages concernant l’au-delà :

« Da steht die Zeit! » (Là [ici], le temps est arrêté), Hildegard Schäfer

« Man bleibt hier lebendig » (Ici, on reste vivant), Konstantin Raudive

« Nous on est vivants », Monique Simonet

« Friedel, Die Toten leben, weil sie eben keine Toten sind! » (Friedel, les morts vivent, car ce ne sont justement pas des morts), Friedrich Jürgenson

     La majorité des messages est banale :

« Kosta Raudive, ökonomisiere die Sprache! » (Kosta Raudive, économise la parole), Konstantin Raudive

« Nun arbeite, Kosti! » (Travaille donc, Kosti), Konstantin Raudive

« Geht ins Bett! » (Allez au lit!), Hildegard Schäfer

« Die Toten grüßen » (Les morts vous saluent), Hans Otto König

« Schließe den Apparat aus! Danke! Gute Nacht, Konstantin! » (Eteints l’appareil! Merci! Bonne nuit, Konstantin!), Konstantin Raudive

     Les voix font également des remarques sur ce que fait l’expérimentateur :

– ainsi lorsque Hildegard Schäfer modifie la vitesse de son magnétophone : « ein ‘geht-schneller-Band' » (une bande-magnétique-qui-va-plus-vite)

– ou, lors de réglages : « machst du Bandspielereien? » (Tu t’amuses avec les bandes?)

     Il existe aussi des voix spécialisées dans l’aide thérapeutique :

« Das gibt Infekt » (infection possible), Dr Kaempgen

« Es wird besser » (cela va de mieux en mieux), Dr Kaempgen

« Wird gut » (ça ira mieux), Dr Kaempgen

« Phosphor – Phosphor » (du phosphore, du phosphore), Dr Kaempgen

« Gib sparsam » (donne parcimonieusement), Dr Kaempgen

     Certaines voix présentent des caractéristiques grammaticales particulières : contraction du message, style télégraphique… :

« Raudive, Anti-Welten sind » (Raudive, des anti-mondes [ce] sont), Konstantin Raudive

« Totenreportage » (Reportage des morts), Hans Otto König

     D’autre part, certains des messages sont souvent formés de mots appartenant à plusieurs langues (exemples rassemblés par Konstantin Raudive) :

– mélange français-anglais

            Question : « La recherche sur les voix est-elle nécessaire? »

            Réponse : « Oui, c’est necessity »

– mélange allemand-suédois :

Raudive parle à Gebhard Frei (Parapsychologue suisse, Professeur en psychologie, philosophie et histoire des religions à l’institut C.G. Jung, mort en 1967) et lui demande de prononcer clairement son nom.

Réponse : « Frei! Du sovas, willst nicht glaube » (Frei!, Dis donc, tu ne veux pas croire.)

– mélange allemand-anglais (Hildegard Schäfer) :

« das tu ich very much » (je le fais souvent)

« wir werden come back » (nous reviendrons)

            En général, les langues utilisées sont connues del’expérimentateur. Cependant, il arrive que des messages soient reçus dans des langues que l’expérimentateur ne maîtrise pas. Ainsi, Monique Simonet[6] a enregistré ceci, en roumain, en 1979 : « Esti moch te via ben, esti ».

   Les messages à caractère prémonitoire

            Certains messages sont prémonitoires et ne sont parfois compris que bien après ‑ voire des années après ‑, lorsque l’événement a eu lieu. Friedrich Jürgenson en rapporte quelques exemples dans son ouvrage[7].

   Les résolutions de meurtres

            Une expérience intéressante a été menée par Hans Luksch à Vienne dans les années 1970. Il s’est demandé s’il était possible, par l’intermédiaire de la transcommunication, de résoudre des cas de meurtres. Pour ce faire, il dénichait un fait divers que la police n’avait pas encore résolu, demandait aux victimes décédées de lui répondre

, et apportait les bandes magnétiques et les protocoles d’expérimentation chez un avocat afin de les mettre sous scellés. Alors seulement, il se rendait au commissariat avec ces éléments mais la police le refoulait généralement.

            Ainsi, le 26 avril 1979, un jeune adolescent de 12 ans, Hannes Reinberger, va au cinéma visionner un film de karaté. On le retrouve mort, près du cinéma, après la séance, couvert de blessures. La police est persuadée qu’il a rencontré son agresseur dans la salle. Près du corps, il y a une touffe de cheveux noirs. Le 28 avril, Luksch se met devant son microphone et demande : « Connais-tu ton assassin? »; il obtient une réponse chantée qui dit : « Fritzi… ». « Connais-tu le nom de famille? »; réponse : « Bertanol… ». La police n’a pas voulu écouter Hans Luksch et plusieurs jours plus tard, les policiers arrêtent Gottfried Bertagnol, surnommé par ses amis « Fritzi ».

   Les conseils médicaux

            Le Dr Dieter Kaempgen (voir exemples plus haut) utilise la transcommunication instrumentale pour trouver un remède lorsque tout ce qui est connu a échoué dans le traitement de certains malades. Il ne demande jamais de diagnostic car il estime que celui-ci doit toujours être posé par le praticien pour éviter tout risque d’erreur. Lorsqu’il obtient une réponse concernant un remède, il vérifie toujours soigneusement si cette réponse est cohérente vis à vis de la pathologie observée chez le patient.

            Ces cas ‑ résolution de meurtres, conseils médicaux ‑ sont une exception parmi les milliers de messages paranormaux. Ils montrent pourtant que des informations pertinentes et utilisables sont enregistrées sur les bandes magnétiques. Ces informations peuvent tout à fait provenir de l’Inconscient collectif sans qu’il soit nécessaire de faire intervenir des esprits désincarnés.

   La réversibilité

            Un autre phénomène des voix paranormales mérite une attention toute particulière : il existe des messages réversibles qui révèlent une autre signification.

            Un enregistrement magnétique se fait dans un seul sens, le sens de défilement de la bande magnétique ‑ de la droite vers la gauche sur les magnétophones habituels ‑. Lorsque des paroles sont enregistrées et lorsqu’on lit ce même tronçon de bande en sens inverse, de la gauche vers la droite, on entend une « salade » de vocables. Sons et vocables sont inversés et la restitution est étrange et totalement incompréhensible.

            Certains messages paranormaux défient cette loi : si l’on fait défiler le même tronçon de bande en sens inverse sans modifier sa position sur la tête de lecture, on entend un autre message dont les mots et le sens sont différents. Cette particularité a été étudiée par des ingénieurs du son sans qu’il leur fut possible de trouver une explication logique. Moi-même qui utilise des magnétophones depuis une vingtaine d’années, je n’y croyais pas avant de l’avoir expérimenté. L’intérêt du phénomène réside en ce qu’il est possible de dupliquer le message paranormal à volonté et d’obtenir, en inversant le sens de lecture, un autre message avec une autre signification. Aujourd’hui, l’ordinateur permet de manipuler les sons avec souplesse et simplicité. Une copie numérique du message paranormal présente les mêmes caractéristiques qu’une copie sur bande magnétique : en inversion, un autre message est restitué avec une autre signification.

            Afin de vérifier s’il existait une différence entre le texte paranormal et le texte dicté par un humain, je me suis livré à une petite expérience : j’ai demandé à une personne de bien vouloir prononcer les deux messages (« so haben dolige Menschen »… (Ainsi des personnes méchantes ont…), endroit; donnant à l’envers : « man stürtzt in den Untergang » (on sombre dans le naufrage)) dans le microphone relié à l’ordinateur. Après l’enregistrement numérique, j’ai inversé les deux enregistrements et l’on obtient sans conteste une suite de vocables incompréhensibles, ceci est prévisible et normal. Ainsi « so haben dolige Menschen » se transforme en « nehcsnem egilodnebah os » et non en « man stürtzt in den Untergang », comme dans le message paranormal initial. Il y a donc bien une différence fondamentale entre l’enregistrement normal de voix humaine et l’enregistrement de la voix paranormale. N’importe qui, en possession de ce message paranormal, peut reproduire ce phénomène et vérifier par lui-même. Cela est reproductible et il n’est pas nécessaire de disposer d’appareillages sophistiqués[8].

            D’autres voix ont été testées par moi et je souligne la validité du phénomène, bien qu’il soit troublant, car il est techniquement impossible, il défie toutes les lois de l’enregistrement et de la reproduction sonores.

            Voici quelques exemples en illustration.

Hildegard Schäfer :

– endroit : « So viele Lichter hier » ([il y a] tellement de lumières ici);

– envers : « es geht mir nicht gut » (je ne vais pas bien)

– endroit : »Ruf mich nun » (appelles-moi à présent);

– envers : « hör dich hier » ([je] t’entends ici)

– endroit : « Glaub fest » (crois fortement);

– envers : « Versuche! » (essaye!)

Friedrich Jürgenson :

– endroit : « so haben dolige [böse] Menschen »… (Ainsi des personnes méchantes ont…);

– envers : « man stürtzt in den Untergang » (on sombre dans le naufrage). (Schäfer, Stimmen aus einer…, p.182)

            Une tentative d’explication serait l’argument qu’une certaine prononciation des syllabes permettrait de simuler phonétiquement un autre message en inversant le sens de lecture. Cela est certainement possible dans certains cas. Cependant, il existe des messages où des sons différents se manifestent. Par exemple : « Das war eine Tote » (ceci était une morte) donne, en inversant, « Wir rufen ab » (nous rappelons). Le « o » n’apparaît que dans un sens de lecture.

            Cette particularité des voix paranormales est à elle seule assez éloquente pour réfuter tout un ensemble d’arguments arguant de la fraude ou d’une manipulation des sonorités. Même avec les moyens actuels de l’informatique, il serait certainement extrêmement difficile, voire impossible de créer ce phénomène facilement et rapidement. De nombreux enregistrements et essais seraient nécessaires avant de prononcer les syllabes de la bonne manière. Or, il est largement attesté que les voix paranormales s’enregistrent en une seule fois et rapidement. Ce phénomène est encore bien plus complexe à reproduire par une personne qui ne dispose que de quelques magnétophones et récepteurs radios conventionnels et qui ne s’y connaît pas forcément beaucoup en effets spéciaux…

            Un chercheur, spécialiste de la synthèse vocale (dans les années 1970), ajoute qu’il lui a fallu une après-midi entière pour synthétiser un mot à l’aide de son synthétiseur. Vu le nombre extrêmement élevé de voix paranormales, un être humain devrait produire un travail colossal pour réussir à ne produire que quelques-unes des voix qui se manifestent pendant les séances d’enregistrement, même avec le matériel dont on dispose aujourd’hui. A l’évidence, toute fraude ou cause accidentelle est exclue, concluent les ingénieurs et techniciens qui ont étudié la question.

   La vitesse de défilement de la bande magnétique

            Abordons à présent une autre particularité des voix paranormales qui concerne la vitesse de défilement de la bande. Certains enregistrements comportent des messages qui ne sont compréhensibles qu’à une vitesse inférieure ou supérieure à la vitesse normale d’enregistrement. Certaines voix parlent si vite qu’il est impossible de comprendre du premier coup. Il faut, dans ce cas, ralentir la vitesse de défilement de la bande – pour cette raison les expérimentateurs possèdent des appareils à vitesses variables -. Les voix très lentes, par contre, sont plus rares.

            D’après Fidelio Köberle, il arriverait également que des messages différents soient perceptibles lorsque l’on change la vitesse de défilement du magnétophone. On aurait là le même principe que celui évoqué plus haut et concernant le sens de défilement de la bande à la différence qu’ici, si un message est enregistré à la vitesse de 9,5 cm/s, un autre message apparaîtrait à une vitesse de 4,75 cm/s ou 19 cm/s, sur le même tronçon de bande. Pour ma part, je n’ai pas encore rencontré ce phénomène.

   Les « effets spéciaux »

            Les voix paranormales sont également accompagnées d' »effets spéciaux » : bruits de contacts (cliquetis, claquements…), ondes porteuses, échos, ralentissements ou accélérations des phrases, modifications des timbres (comme on peut les obtenir avec des boîtes à effets numériques utilisées par les musiciens), musiques et chants… Pourquoi, en fonction de la théorie animique, l’Inconscient s’amuserait-il ‑ en plus des messages ‑ à rajouter ces effets spéciaux ? Quelle en est l’origine? Quelle en est la fonction? Aucun élément de réponse n’a pu être apporté à ce jour, à part ceux que donnent les voix paranormales.

   Les voix paranormale et la connaissance

            Abordons à présent le contenu des messages du point de vue de la connaissance. Il s’avère que ce contenu ne surpasse jamais le niveau de la connaissance du savoir contemporain. Aucune révélation, aucune information inconnue à ce jour, aucune connaissance de pointe qui dépasserait le stade de nos connaissances actuelles n’a jamais été captée par la transcommunication instrumentale. Les indications techniques des voix paranormales concernant l’amélioration des moyens de transcommunication ne décrivent jamais une technologie étrangère ou nouvelle. Il s’agit en fait plutôt d’indications concernant le maniement ou l’assemblage des appareils qu’utilisent les expérimentateurs. Ces assemblages semblent étranges voire incongrus, mais ils utilisent des moyens conventionnels, des éléments électroniques ou électriques que l’on trouve dans le commerce. Parfois de nouveaux appareils sont construits sous la direction des voix paranormales, mais ils sont toujours simples et les montages électroniques ne présentent aucune difficulté.

            Lorsqu’on demande aux voix paranormales la raison de ces limitations, elles répondent généralement qu’il n’est pas dans leur volonté de manipuler les vivants, ni d’influer sur leur destinée ou leur libre arbitre. Elles font de plus état d’une censure qui leur serait imposée.

            Si l’on se réfère à la thèse dite animique, dans le sens ou seul l’Inconscient produirait le phénomène des voix paranormales, le savoir de l’expérimentateur ne peut théoriquement se surpasser à lui-même. Pourtant, la créativité du psychisme humain est capable de stupéfiantes prouesses puisque l’on connaît des savants ‑ et ils sont relativement nombreux ‑ qui ont fait des découvertes fondamentales en état de conscience modifié ou en rêve.[9] En ce sens, confronté au problème technique que suppose l’amélioration de la réception des messages paranormaux, ne serait-il pas envisageable que l’Inconscient produise des idées originales? Sans doute. Mais pourquoi n’apporte-t-il pas alors de nouvelles applications ou solutions comme il en est capable dans certaines occasions?

            Un autre fait intéressant est que la plupart, sinon la totalité, des personnes aujourd’hui décédées qui ont participé de leur vivant à cette aventure de la transcommunication, se manifestent sur les bandes magnétiques. Ainsi Friedrich Jürgenson, Konstantin Raudive, Klaus Schreiber, Hanna Buschbeck, Karl Pfleger et bien d’autres… donnent des conseils, apportent des éclaircissements et témoignent. Ils disent qu’il est normal de continuer le travail commencé dans le monde des vivants.

            Les voix paranormales sont très riches, les « individualités » sont nombreuses, variées, avec des caractères et des personnalités fort différents. Chaque voix qui se manifeste présente des caractéristiques personnelles, par exemple : un phrasé spécifique, une manière de parler, des sentiments, de l’humour…

            La totalité des propriétés énumérées ci-avant (banalité des messages, informations techniques, prémonitions, style, grammaire, langues, réversibilité, vitesse, « effets spéciaux »…) se retrouvent dans les différents pays où ces manifestations sont apparues : Allemagne, Autriche, Suisse, Norvège, France, États-Unis, Italie, Grande-Bretagne…


[1] – La plupart des informations concernant la transcommunication sont le fait de transcommunicateurs allemands. L’Allemagne est un pays très actif en ce domaine, et le nombre de publications et de groupements actifs y est important. La France commence seulement à s’ouvrir au phénomène, ce qui explique le peu d’informations disponibles en français.

[2] – Dans une optique similaire, le Docteur Raymond Moody, psychiatre et spécialiste des expériences de mort imminente (N.D.E.), explique, dans son dernier ouvrage, Rencontres, page 208, que le travail du deuil peut être facilité grâce au contact avec l’esprit de la personne décédée : « Il est bien connu que les individus qui sont en proie à la douleur d’un décès sont souvent « préoccupés » par les images du défunt. Ils emportent partout avec eux des photos de celui ou celle qu’ils aimaient et ne cessent, à tout bout de champ, de les regarder. Si l’on veut bien concevoir que le cerveau a les moyens de faire apparaître les défunts, on sera à même de mieux comprendre le processus du deuil. Et, par conséquent, d’en réduire la douleur. Il est courant chez ceux auxquels le défunt apparaît spontanément, que la douleur s’atténue ou même disparaisse. »

[3] – Monique Simonet, Réalité de l’Au-delà et Transcommunication, pages 24-25.

[4] – Monique Simonet, op. cit., pages 30-31.

[5] – Les émissions radiophoniques, en tant que support sonore, sont utilisées en transcommunication pour faciliter la réception et la formation des messages.

[6] – Monique Simonet, A l’Écoute de l’Invisible, page 26.

[7] – Friedrich Jürgenson, Sprechfunk mit Verstorbenen.

[8] – Il n’est pas possible de reproduire ce phénomène sur un magnétophone à cassette habituel, ni avec un appareil auto-reverse, car, en ce cas, l’appareil lit les pistes adjacentes. Pour se rendre compte du phénomène, il faut disposer d’un magnétophone à bobines et tourner soi-même la bande manuellement en sens inverse, ou disposer d’un magnétophone qui permet la lecture inversée. Tout ordinateur équipé d’une carte sonore et d’un logiciel d’enregistrement fait parfaitement l’affaire, puisqu’en général ces logiciels sont équipés d’une fonction d’inversion du sens de lecture.

[9] – Voici l’exemple bien connu du « … chimiste allemand Friedrich A. Kekule (qui) avait essayé pendant des années de découvrir la structure moléculaire du benzène. Il raconte que, lors d’une nuit froide de l’année 1865, s’assoupissant devant un feu crépitant, il rêva : «De nouveau, les atomes virevoltèrent devant mes yeux… Mon œil interne, aiguisé par la répétition de semblables visions, pouvait maintenant distinguer des structures plus vastes de formes différentes, composées de longues chaînes dont beaucoup étaient soudées; toutes ces formes se mirent à bouger en se tordant comme des serpents. Soudain, que se passa-t-il? L’un des serpents mordit sa propre queue et la structure entière se tordit sous mes yeux. Comme si j’avais été frappé par l’éclair, je m’éveillai.» Ce rêve amena Kekule à prendre conscience de la structure cyclique du benzène, une découverte qui révolutionna la chimie moderne. », Patricia Garfield, La Créativité Onirique, pages 62-63.