Les Géographies de l’Invisible » Alchimie et Qabal — l’Arbre des Séphiroth

L’Occident a également adopté le système qabalistique d’origine juive, qui comporte une base de 10 plans ou niveaux, et l’a combiné avec le système de base 7 : les 7 planètes traditionnelles de l’astrologie et leur symbolisme et les 10 Séphiroth.

Le texte qui suit illustre et explicite la structure de l’Arbre des Séphiroth. Il me semble important de citer ici de longs extraits des enseignements donnés par le groupe des Philosophes de la Nature dans la mesure où ils sont clairs, extrêmement riches en informations et qu’ils décrivent de manière détaillée des opérations habituellement occultées et placées sous le sceau du secret. De plus, nous avons ici encore un exposé qui explicite le lien entre les différents états de conscience et la géographie de l’invisible figurée ici par l’Arbre des Séphiroth. C’est donc un document majeur pour ma démonstration de la corrélation étroite entre les ENOCs et la géographie de l’invisible.

« L’initiation personnelle alchimique est un voyage de plusieurs étapes, chacune d’elles comportant plusieurs paliers. Ce n’est pas une initiation symbolique comme la plupart de celles données par des organisations diverses. L’initiation alchimique modifie le niveau de conscience et ouvre le domaine de la connaissance de la Nature. Ce domaine n’est pas celui de la connaissance volatile et provisoire de la science, mais celui de la connaissance fixe des divers mondes. Aussi, pour ce voyage, est-il nécessaire d’avoir une carte.

Il en existe plusieurs, mais en Occident, la meilleure à notre disposition est certainement la Qabal. Cette carte de la tradition occidentale a de plus été utilisée par les Philosophes Alchimistes du passé, qui connaissaient la philosophie de la Nature. (…)

Commençons notre étude par le bas de l’arbre. Assiah est le monde physique dans lequel la conscience de l’homme prend connaissance des choses à travers ses sens physiques. C’est le seul qui soit accessible à toute personne non initiée. C’est le monde le plus dense, celui où aboutit l’involution, mais d’où part l’évolution. C’est le monde du septième jour de la Bible, celui du repos. (…) Ce monde du septième jour n’a qu’un temps et un espace accessibles à la conscience de l’homme, et c’est le jour du repos. Il vaudrait mieux dire sommeil. Comme l’homme perd conscience du monde physique dans le sommeil, en ce monde, l’homme s’endort et perd conscience des mondes spirituels. La véritable initiation (réelle et non symbolique) doit peu à peu supprimer ce sommeil. Le monde physique est assimilé à l’élément terre.

Le monde situé immédiatement au-dessus du monde physique est celui de Yetzirah qui signifie création. C’est à ce niveau que les énergies diverses se coagulent pour former le monde matériel. Il est aussi connu sous le nom de monde astral. L’homme peut prendre conscience de ce monde si son corps astral est libéré de son corps physique, provisoirement au cours de cette expérience, définitivement dans la mort. Toutefois, l’initiation personnelle ouvre peu à peu les portes de ce monde.

Nous avons ici trois Séphiroth, Netzach ou Vénus, Hod ou Mercure, Yesod ou Lune. Ce monde est donc constitué par les quatrième, cinquième et sixième jours de la création. Dans ce monde, la conscience peut travailler sur trois temps différents et de même dans trois densités d’espace distinctes. De là viennent les difficultés d’interprétations physiques des expériences réalisées dans ce monde. Bien qu’il ne soit pas obligatoire, il est évident que le chemin d’accès préférable est Yesod, car son temps est le plus proche de celui de la terre et l’adaptation de la conscience y est plus aisée. C’est peut-être la raison pour laquelle certaines traditions occultes occidentales et orientales disent que le voyage des défunts commence par la Lune.

Nous devons encore dire que ce monde est ouvert par la Pierre Végétale, blanche, couleur argent, qui est la couleur du métal de la Lune. L’élément Eau est affecté à ce monde. Seule l’alchimie métallique permet l’initiation personnelle à un degré plus élevé, soit l’accès au monde de Briah.

Le monde nommé Briah est celui des idées créatrices. Certains l’assimilent au monde christique car tous les êtres ayant réintégré ce monde sont à cet état. L’élément Air lui est affecté. Sur la planche, le pointillé qui le sépare du monde supérieur montre qu’il est le reflet passif du monde supérieur actif. Il y a trois Séphiroth, Tiphereth ou Soleil, Geburah ou Mars, Chesed ou Jupiter, qui sont respectivement les troisième, second et premier jours. Nous avons encore ici pour la conscience trois niveaux de densité d’espace. L’entrée se fait par le Soleil, troisième jour, et l’initiation alchimique par la Pierre au rouge possédant les sept influx planétaires. Les défunts suffisamment spiritualisés entrent dans ce monde par le processus de la seconde mort.

Au-dessus de ce monde, il n’y a plus pour la conscience ni temps ni espace mais l’union des deux dans l’Éternité.

Le monde supérieur est Atziluth composé des trois Séphiroth Kether, Chokmah, Binah. C’est un monde d’énergie pure : la forme, les couleurs, tout disparaît. Dans sa phase la moins subtile, Binah apparaît comme étant la potentialité de la forme et du temps. L’élément de ce monde est le Feu purificateur, à la foi feu et amour.

L’accès conscient à ces mondes[1] donne la connaissance des processus occultes de la Nature dans son travail d’évolution permanente.

Il est bien entendu que chacun peut continuer son travail alchimique sans adhérer à ce qui précède. Nul n’est tenu d’acheter une carte avant un voyage ni de dire qu’elle est bonne tant que le voyage ne l’a pas confirmé. »[2]

La suite de l’exposé concerne le travail alchimique plus précisément :

« C’est par une suite de réharmonisations successives que l’homme rétablit son éveil spirituel. Elle ne peut être que progressive si l’on veut éviter tout inconvénient tant physique que mental. C’est pourquoi nous avons d’abord parlé des sept élixirs (…).

En fait, le mécanisme est le suivant : chaque élixir agit sur un des aspects planétaires de l’homme soit, selon la Qabal, un des centres d’énergie séphirotique. Ces centres réagissent sur les énergies des cellules corporelles et c’est le début du processus. Car la voie est SEL, corps, MERCURE, sang, SOUFRE, énergie. Quand le sel est réharmonisé, le sang modifie sa composition et agit sur les centres séphirotiques du cerveau qui relient les plans plus élevés et deviennent ainsi perceptibles. »

Les Philosophes de la Nature

Ll’Arbre des Séphiroth
Source : Les Philosophes de la Nature

Le but de ce travail alchimique est donc de produire sept élixirs[3] planétaires qui seront ensuite consommés afin d’induire des modifications dans le corps et l’esprit. Voici ce que les Philosophes de la Nature expliquent à ce propos (notice 32) :

« La Qabal, qui est une théorie de la magie naturelle, explique qu’il y a quatre mondes. Il est rarement dit que la hiérarchie de ces mondes fait que l’accès conscient à l’un d’eux permet de transcender les mondes qui lui sont inférieurs. Le monde de Briah transcende Yetzirah et le monde de Yetzirah ne transcende que le monde physique. Les causes profondes des lois naturelles qui régissent un monde se tiennent dans le monde qui lui est immédiatement supérieur. Si notre conscience a accès à Yetzirah, nous aurons accès aux lois qui transcendent le monde physique, et nous aurons ses pouvoirs. L’état de Mage ou d’Alchimiste n’est que la conséquence du niveau de conscience atteint. (…) Notre étude alchimique doit nous aider à réaliser progressivement que les mondes de conscience supérieure ne sont ni illogiques ni contraires à la raison. Ils sont différents. En fait, ils sont hyper rationnels et hyper logiques. »

Ce qui est important à retenir ici est ce concept de conscience : c’est elle qui nous donne la connaissance et la liberté.

D’après les Philosophes de la Nature, l’Arbre des Séphiroth (ou Arbre de Vie) est un outil de travail puissant, un outil de méditation et de découverte qui parle à l’inconscient par résonance symbolique. Cet arbre est une carte de l’univers mais aussi du psychisme humain comportant dix Séphiroth et vingt-deux sentiers les reliant.

L’Arbre des Séphiroth est généralement figuré en deux dimensions mais il se déploie en une représentation multidimensionnelle en tout lieu et en tout temps, car chaque Séphirah renferme la structure des dix Séphiroth et ainsi de suite. C’est une structure fractale qui se répète dans l’infiniment grand et dans l’infiniment petit en multipliant les points d’énergie. Voici deux figurations de C. Knorr de Rosenroth (Kabbala Denudata, Sulzbach, 1684)[4] qui illustrent cette idée :

 

L’Arbre des Séphiroth – structure fractale 1

'Arbre des Séphiroth - structure fractale 2

L’Arbre des Séphiroth : structure fractale 2

Chaque Séphirah est donc un point d’énergie qui

« ... correspond à un taux vibratoire donné (…), pour la conscience de l’homme cela est perçu en tant qu’état de conscience, état de l’être. Il est dit également que les Séphiroth ont un caractère féminin en regard des sentiers qui, eux, représentent un caractère masculin, dans le sens où au niveau d’une Séphirah, l’énergie se trouve à des taux vibratoires constants, par conséquent statiques, alors que l’énergie évolue le long d’un sentier qui est donc, lui, dynamique, actif. (…) »[5]

Ces dix Séphiroth correspondraient donc à dix niveaux de conscience ou à dix états d’être chez l’homme. Le niveau 10 (Malkuth) correspond à notre état terrestre avec son niveau de conscience spécifique. Ce niveau est séparé par le Voile de la Naissance et de la Mort des trois niveaux suivants 9 (Yesod ), 8 (Hod) et 7 (Netzach) ; eux-mêmes séparés par le Voile de la Seconde Mort des trois niveaux suivants 6 (Tiphereth), 5 (Geburah) et 4 (Chesed) ; ceux-ci séparés par le Voile de l’Éternité ou Voile des Abysses des trois derniers niveaux : 3 (Binah), 2 (Chokmah) et 1 (Kether).

L’homme au niveau 10 possède un corps physique ; un corps subtil pour chacun des niveaux 9 à 4. Les trois derniers niveaux n’ont pas de corps.

Pour les Philosophes de la Nature, on peut atteindre ces niveaux de conscience de deux manières : soit par la voie alchimique, soit par la voie magique de la Qabal. Dans la première option, comme dit plus haut, l’opérateur élabore les sept élixirs planétaires, chacun correspondant au niveau de conscience visé. Ces élixirs se comportent comme des clés qui ouvrent des « serrures » en modifiant la composition sanguine et, par conséquent, la chimie du cerveau. Ces modifications chimiques au niveau cérébral ouvrent à de nouvelles perceptions du monde, donnent accès à d’autres réalités dans lesquelles l’opérateur pourra puiser savoir, connaissance, intuition, moyen d’action sur lui, les autres, le monde matériel. La deuxième méthode, magique celle-là, consiste à pratiquer des rituels basés sur la Qabal. Au niveau symbolique, le résultat est identique à la prise des élixirs, on observe la modification des états de conscience afin d’entrer en contact avec ces niveaux de réalité différents.

Plus concrètement, Alex, mage et alchimiste contemporain, nous informe[6] :

« C’est très simple. Chaque rituel est spécifique à un certain plan d’existence. Et chaque plan d’existence est habité par des entités. Je prends les Sylphes par exemple. Si je veux entrer en contact avec elles, je vais faire mon rituel et une de ces créatures va se manifester. Mais pour être sûr que je ne suis pas berné par une autre entité qui prendrait l’apparence des Sylphes, je dois faire un test. Il y a toute une procédure de tests qui permet de savoir avec exactitude si je suis bien en contact avec ceux que je veux contacter. Puis, je dois les soumettre à ma volonté ; après tout, j’ai pris contact avec ce plan pour un objectif précis et je veux réussir. Après avoir accompli ma tâche, il me faut renvoyer la créature et fermer le passage vers ce plan. Pour ça, j’utilise un rituel de clôture et de bannissement. C’est nécessaire pour éviter d’être envahi ensuite par les habitants de ces plans. Car, même s’ils ne sont pas très puissants en tant que tels, ils peuvent polluer le mental humain. Il n’est jamais bon de laisser s’infiltrer des influences étrangères dans son mental. Il est donc impératif de suivre la procédure avec rigueur. Sinon, on n’est plus maître chez soi. »

Ainsi, Alex utilise un rituel très élaboré dont la cible est bien déterminée. Ce rituel agit comme une clé donnant accès à un état de conscience déterminé. Cet ENOC ouvre à une autre réalité codifiée dans la vision du monde de Alex : le plan d’existence des Sylphes. Ce rituel, avec tous ses ingrédients, ses procédures et ses incantations ressemble à une sorte de programme informatique dont l’exécution est sensée donner toujours le même résultat : ce pour quoi il a été programmé.

Cette notion de programmation ou de code est confirmée par Alex :

« Alors là, il y a deux choses. Primo, il y a un training très spartiate concernant l’exécution extérieure du rituel. Il faut que tout soit parfait. Secundo, il y a un training non moins spartiate qui passe par la méditation, qui passe par la concentration, pour que les forces qui sont exprimées à l’extérieur, soient vraiment bien réalisées par celui qui les fait.

Et c’est pour ça que, dans le training qui est proposé dans la Golden Dawn[7], il est recommandé, avant de s’endormir, de faire des rituels. Rituels très simples, les rituels du Pentagramme qui sont très allégés, qui sont vraiment le squelette du rituel. Et justement pour permettre cet apprentissage entre l’action extérieure et l’action intérieure. Maintenant, là, c’est le témoignage du pratiquant qui va intervenir. Il est vrai que, ayant suivi ce training, l’ayant observé à la lettre, l’ayant enseigné aussi, l’ayant observé chez les autres, et surtout sur moi-même, il y a un changement radical, définitif, qui s’opère au moindre geste rituélique qui est opéré physiquement.

C’est-à-dire qu’on peut venir vraiment chargé de tous les problèmes de la journée, chargé de toutes les autres occupations et quoi que ce soit. Une fois qu’on commence un rituel, eh bien, ce rituel va opérer un changement j’allais dire mécaniquement, automatiquement, sur l’état de conscience qui nous occupe, c’est-à-dire qu’il va automatiquement nous débrancher parce qu’on l’a chargé, lui, d’une certaine intention, il va nous le rendre automatiquement. C’est comme une espèce de Golem, on lui a donné un devoir et il doit faire ce devoir. (…)

Donc, il y a une sorte de coopération qui s’opère entre l’exercice du corps, qui va faire le rituel, qui va allumer les bougies, qui va allumer l’encens, qui va faire tout le travail, qui va tracer les pentagrammes, les hexagrammes et les sceaux des anges et des archanges et des esprits. Il y a une espèce d’échange qui s’opère. Et c’est là où on sort de cette dichotomie entre le corps d’une part et l’esprit, de l’autre, dichotomie très cartésienne. On crée, grâce au rituel, un harmonieux échange entre les deux. Parce que le corps, lui, recèle plein d’énergie, plein de sagesse et grâce au rituel, il peut se libérer et communiquer. Si bien qu’on peut aborder un rituel d’une manière très froide, très cartésienne. Mais si on est entraîné, si le corps est entraîné, une fois qu’on a commencé le rituel, automatiquement, on change d’état de conscience. (…) Et ce plan de conscience, autant je suis lié à mon corps quand je suis engagé dans mon travail quotidien, autant là, je suis sorti de mon corps, je le vois, et c’est comme si j’étais autour de mon corps. Et je vois mon corps en train d’opérer. C’est assez difficile à exprimer, il faut l’expérimenter. C’est tout le problème phénoménologique à ce genre de descriptions.

C’est un conditionnement, et c’est ce qui m’a le plus surpris, moi qui suis un esprit assez cartésien et qui me méfie de tous les conditionnements. Et là, je me suis rendu compte que, effectivement, c’est un conditionnement favorable. Dans la mesure où il me permet, de sortir d’un autre conditionnement, celui de la société qui m’entoure. »

Ainsi, le rituel est un code, un programme mental qui permet d’atteindre un état de conscience déterminé. Chez le chaman, le code c’est le battement de tambour qui déclenche la transe, (cf. supra). Le mage, donc, défriche le terrain de la conscience humaine grâce à cette carte qu’est l’Arbre des Séphiroth, cette carte qui le guide et lui permet de diriger sa quête spirituelle avec le maximum d’efficacité. L’Arbre des Séphiroth est non seulement une carte mais aussi un véritable parcours initiatique dont le but ultime est la réalisation spirituelle, la fusion avec Dieu.

Chaque point de cette carte est donc accessible grâce à une symbolique précise et structurée dans ses moindres détails.

Les rituels sont bâtis suivant cette symbolique et comportent les éléments qui vont permettre un accès à l’état de conscience désiré. Les composants de ces rituels sont les gestes, les couleurs, les symboles, les lettres de l’alphabet hébreux en tant que symboles et phonèmes. En annexe, je donne la description, à titre d’illustration, du Rituel mineur du Pentagramme de la Golden Dawn.

Dion Fortune[8] donne quelques précisions quant à l’utilisation de l’énergie rencontrée dans ces plans séphirotiques. Ainsi, par exemple, Hod stimule la compréhension intellectuelle, Yesod, le côté intérieur de notre psychisme, l’inconscient. Et en ce qui concerne la sortie hors du corps :

« Pour projeter le corps astral sur les Voies (les sentiers), il est indispensable, pour plusieurs raisons, de posséder les degrés d’initiation qui leur correspondent. Une des principales est, qu’à moins d’être en possession du grade, on ne sera pas reconnu par les gardiens de la Voie qui seront hostiles au lieu d’être amicaux, et feront tout en leur pouvoir afin de repousser l’intrus. En second lieu, si l’on réussit à écarter les gardiens du seuil, on n’a aucun moyen de contrôler sa vision, et de savoir si l’on est ou non sur la Voie, et il y a quantités d’êtres dans les Sphères inférieures qui ne sont que trop prêts à prendre avantage d’une telle ignorance présomptueuse. (…)

L’Arbre, du point de vue initiatique, est le lien entre le Microcosme, qui est l’homme, et le Macrocosme, qui est Dieu manifesté dans la Nature. Un rituel d’initiation est l’acte qui relie la Séphire microcosmique (ou chakra)[9] avec la Séphire macrocosmique. »[10]

Les traditions magique et alchimique occidentales nous montrent, de manière claire, les liens existant entre la géographie de l’invisible et les états non ordinaires de conscience. Toute une procédure alchimique ou rituélique a été élaborée pour cibler des points précis de la géographie de l’invisible, donc pour piloter des états non ordinaires de conscience. Nous l’avons vu précédemment, les Tibétains ont eux aussi mis en relation états de conscience et géographie de l’invisible.

Voyons maintenant des cartographies de l’invisible issues de la recherche occidentale récente. Ce sont des expérienceurs contemporains tels John Lilly avec l’invention du caisson d’isolation sensorielle, Robert Monroe et sa technique HemiSync pour induire l’OBE et Florence Ghibellini et le rêve lucide que je vais présenter. Ces personnes ont toutes expérimenté personnellement des ENOCs. C’est en fait l’irruption des ENOCs dans leur vie qui les a menées à approfondir la question et à développer une géographie de l’invisible qui leur est propre.

[1] C’est moi qui souligne.

[2] Extraits de la notice 27 du cours de Spagyrie des Philosophes de la Nature.

[3] Préparations alchimiques de teintures mères à base de plantes.

[4] Roob Alexander, Alchimie et Mystique, pp. 314 et 315.

[5] Notice 12 du cours de Qabal des Philosophes de la Nature.

[6] Éléments rapportés lors d’un entretien informel avec Alex en juillet 1996 dans le cadre de mon enquête concernant cette thèse.

[7] Hermetic Order of the Golden Dawn (l’Ordre Hermétique de l’Aube Dorée). « Cette organisation initiatique rosicrucienne fut fondée en 1888 par S.L. Mathers et W.W. Wescott. La Golden Dawn était hiérarchisée en trois classes et comprenait dix grades. (…) Les rituels étaient très complexes et particulièrement approfondis. Parmi les membres de cette organisation qui exista jusqu’en 1901, on comptait de grands écrivains : W.B. Yeats, Arthur Machen, Bram Stocker, mais aussi des grands noms de la science, comme l’astronome William Peck, et, bien sûr, les grands figures de l’ésotérisme, dont Aleister Crowley. » Pierre Riffard, L’ésotérisme, p. 883. La Golden Dawn existe toujours, elle est répartie en de nombreux groupuscules travaillants peu ou prou ensemble.

[8] Dion Fortune est une ésotériste du début du siècle (1891-1946), d’abord adepte de la Golden Dawn puis dissidente. Dans sa pratique, fortement influencée par le système qabalistique, se greffent aussi des éléments hindouistes (d’origine théosophique) dont le système des chakras. (…) En 1919, elle fut initiée à la Stella Matutina, organisation rosicrucienne relevant de la Golden Dawn. Cinq ans plus tard, elle fonda la Confrérie de la lumière intérieure. Elle écrivit des traités et des romans. Ses préoccupations tournaient autour de la défense psychique de la personne. » Pierre Riffard, L’ésotérisme, p. 878.

Biography: Dion Fortune

[9] La Golden Dawn étant un système philosophique et magique puisant à diverses sources, il n’est pas étonnant de rencontrer des éléments de l’hindouisme dans son corpus, dont les chakras, par exemple.

[10] Op. cit., p. 91.