Neo et techno-chamanisme » Les « outils » du techno-Chamanisme

Qui dit néo-chamanisme, approche purement occidentale du chamanisme, dit : instruments, outils, machines, technologie…

Nous avons aujourd’hui à notre disposition tout un ensemble de moyens et d’appareils pour nous aider à accéder aux potentiels inutilisés de notre cerveau et aux ENOCs. Cela va du très simple au très sophistiqué. Abordons-les maintenant.

Le ganzfeld

Il n’y a pas plus simple et tout le monde peut se bricoler un ganzfeld. Il vous suffit de disposer d’une balle de ping-pong et d’un enregistrement d’au moins trente minutes :

Voici comment faire :

  • Couper la balle de ping-pong en deux
  • Poser chaque moitié sur les yeux que l’on garde ouverts sous ces opercules opalescents (garnir le bord des demi-balles avec du coton hydrophile s’il semble trop aigu)
  • S’installer confortablement, assis ou allongé, et dans un environnement normalement clair
  • Poser les écouteurs sur les oreilles et enclencher le son.

Que se passe-t-il alors ? :

  • le sens visuel, sans autre stimulus que la clarté uniforme, va « décrocher » et l’on ne perçoit plus qu’une ambiance gris-brun-noir qui cessera rapidement d’attirer l’attention
  • le bruit uniforme qui entre dans les oreilles va rapidement lasser le sens auditif et cesser d’être consciemment pris en compte
  • par déprivation de stimuli visuel et auditif, l’ ECO va alors laisser place à un autre état de conscience et à l’arrivée de contenus qui peuvent varier d’une personne à l’autre :
    • certains entrent dans un état de détente profonde marqué par un grand calme et un véritable apaisement de leur mental
    • d’autres voient des images hypnagogiques très vivides
    • d’autres encore vivent des expériences d’ENOCs tels que voyage chamanique, initiations, communication avec des « entités », des aspects métaphoriques de leur psychisme…
  • sous ganzfeld, le temps n’a plus la même valeur : il peut s’étirer, on peut perdre le sens du temps qui passe
  • de courtes périodes de sommeil peuvent intervenir sans qu’on en ait conscience
  • lors d’expérimentations scientifiques avec le ganzfeld, on a même observé des manifestations de facultés parapsychologiques chez certains sujets : réceptions télépathiques, précognition – signes manifestes d’ENOCs. [3]
  • dans certains cas, les images qui parviennent ainsi à la conscience sans avoir été créées par le Conscient ont des analogies avec ce que des chamans ont décrit de l’« autre réalité » : rencontre avec des êtres, des sages, des guides…

Le Caisson d’Isolation Sensorielle

En fait, le ganzfeld est une adaptation d’une pratique très ancienne pour obtenir des ENOCs : la déprivation sensorielle. La réclusion dans le cas de certains moines, la répétition continuelle de prières ou de mantra, tout cela vise à isoler le mental des stimulations sensorielles extérieures afin qu’il puisse s’ouvrir à ce qui vient « de l’intérieur » (ou d’« ailleurs » ?). Dans l’ECO, les cinq sens sont peu ou prou stimulés, vue, ouïe, odorat, goût et toucher, et cela marque à la fois une attention dispersée à leurs signaux et un barrage par rapport à ce qui pourrait apparaître dans la sphère de l’ENOC. La réduction ou l’élimination des perceptions sensorielles est une des voies connues depuis toujours pour faciliter l’entrée en ENOC.

Un stimulus répété et monotone peut finir par générer une sorte de déprivation sensorielle en amenant soit une focalisation sur ce stimulus (éliminant donc du champ de conscience ce qui est perçu par les autres sens), soit un désintérêt de l’attention consciente pour ce stimulus. Par exemple, le bruit des vagues toujours recommencées peuvent agir de cette manière (c’est ce qu’ont expérimenté des personnes aussi diverses que le poète Paul Valéry ou le physicien Fritjof Capra face à l’océan : ils sont spontanément entrés en transe). Tout se passe comme si, las de l’ennui, l’ECO décrochait et qu’alors, autre chose, d’un autre ordre de perception pouvait apparaître. Utiliser des moyens d’éliminer les perceptions de certains des sens est donc un moyen efficace pour induire des ENOCs.

Il existe une structure lourde pour opérer cette déprivation : la chambre ou le caisson d’isolation sensorielle. C’est un espace conçu de manière à ce qu’il n’y ait là ni bruit, ni clarté, ni odeur, ni goût. Ni même, autant que possible, toucher, et cela dans la mesure où on peut y flotter sans effort sur de l’eau maintenue de façon homogène à la température de 34 degrés centigrades. On y installe aussi une protection contre les vibrations et les champs électriques et magnétiques. C’est donc un lieu totalement isolé du monde extérieur, dans lequel rien ne peut pénétrer. C’est un outil réellement étonnant pour vivre des ENOCs et certaines personnes y ont expérimenté des extases, un élargissement de la conscience, des sentiments de « fusion avec le Tout »…

En 1954, John Lilly (1915 – 2001) est Directeur de Recherches en Neurophysiologie (National Institute of Mental Health – Maryland) et il commence à expérimenter l’isolation sensorielle sur lui-même en caisson. Il y obtient des ENOCs tels que OBE, transes, contacts avec des intelligences supérieures, ce qu’il nomme des « êtres de l’Invisible ». Nous allons le voir : ce qu’il rapporte avoir vu et ressenti dans le caisson rappelle les dires d’autres personnes ayant vécu des ENOCs –  comme par exemple :

  • Le physicien Fritjof Capra, qui raconte ce qu’il a ressenti en assistant, lors d’un ENOC particulièrement intense et vivide, à ce qu’il a appelé la « Danse de Shiva » : une communion/fusion quasi mystique avec le Transcendant
  • Ou encore l’écrivain et « channel » Jane Roberts qui assiste en ENOC à ce qu’elle nomme « la vie intense des particules » : elle s’est alors sentie comme présente à la genèse de l’univers et participant intimement aux forces transcendantales primordiales y ayant présidé…

Voici ce que rapporte John Lilly :

– [Dans le caisson] j’entre dans des états voisins du rêve, des états de transe, des états mystiques. Dans toutes ces phases, je suis totalement intact, centré, présent. À aucun moment, je ne perds conscience du fait que je fais une expérience : toujours une partie de moi sait que je flotte dans le réservoir sombre et silencieux. (…) [Lors de certaines séances dans le caisson] je me trouve au-delà de la galaxie, au-delà des galaxies telles que nous les connaissons. Le temps est apparemment accéléré cent milliards de fois. L’univers tout entier se contracte jusqu’à devenir un point. Une explosion formidable se produit et de ce point jaillissent d’un côté, de la matière et des énergies positives (…) et de l’autre côté, l’antimatière.

John Lilly entend parfois des « guides » lui parler. Ses vécus l’amènent à cette conviction :

– C’est une de mes croyances bien ancrée que l’expérience des états supérieurs de conscience est nécessaire pour la survivance de l’espèce humaine. Si chacun d’entre nous peut faire l’expérience au moins des niveaux les plus bas du satori, il existe un espoir que nous ne détruirons pas la planète…[4]

Nombreux sont ceux qui, à ce jour, ont utilisé le caisson d’isolation sensorielle pour « y flotter » hors du monde ordinaire. Selon les personnes, les expériences rapportées vont de l’intense relaxation et régénération énergétique jusqu’à des états extatiques : des vécus avec des sentiments, des sensations et des émotions analogues à ceux dont parle John Lilly – des ENOCs.

Cet outil qu’est le caisson a été rendu possible par la technologie moderne – les méthodes traditionnelles ne pouvant évidemment pas aller jusqu’à isoler des influences électromagnétiques de l’environnement. Toutefois, comme je l’ai déjà dit, le caisson d’isolation sensorielle est une structure lourde, onéreuse, qui prend de la place et qui nécessite un entretien important. Il n’est donc pas facile d’accès en dehors des centres qui les proposent au public.

caisson d'isolation sensorielle (CIS)
caisson d’isolation sensorielle (CIS)

Un caisson ouvert

Dans un ordre d’idée analogue (mais pas identique), existe le caisson à orgone.

Technologies du son : les programmes audio

Après avoir vu les aspects les moins « technologiques » du techno-chamanisme, nous allons à présent y entrer de plein pieds avec les technologies audio. Car ce qui fait le techno-chamanisme, c’est beaucoup l’utilisation des moyens et machines que l’Occident a conçus. Ces technologies sont parfaites en précision et en rigueur pour tout ce qui est de l’ordre du rythme, du son, de la lumière, de l’image, ou encore de l’influx électromagnétique.

Ces outils que je vais vous décrire maintenant sont nos techniques, les moyens les plus spécifiques à nous, Occidentaux, pour induire et vivre des ENOCs.

Nous avons vu plus haut que la déprivation sensorielle, donc l’abolition de stimuli concernant les sens, était une des clés ouvrant aux ENOCs.

L’application délibérée et précise de certains stimuli sensoriels en est une autre.

Commençons par l’ouïe.

De toute antiquité, l’un des moyens majeurs utilisés par les cultures traditionnelles pour induire l’ENOC utilise précisément le son, le rythme, la musique, ou/et la voix, tous éléments concernant le sens auditif.

Voilà qui vous est certainement familier : il existe sur le marché, et depuis longtemps, nombre de CDs de relaxation et de visualisation. Il y a de très bons produits, il y en a de moyens, il y en a de très médiocres.

Souvent ces programmes audio sont faits pour être écoutés les yeux fermés, en étant dans une posture physique confortable, avec les écouteurs sur les oreilles et donc en se mettant en retrait du monde extérieur. De ce fait, les quatre autres sens sont plus ou moins en état de déprivation : ni la vue, ni le toucher, ni le goût, ni l’odorat ne sont sollicités et toute l’attention est portée sur ce que l’ouïe réceptionne. Souvent même, pour améliorer la déprivation des quatre autres sens, le programme audio commence par une relaxation. Celle-ci permet d’entrer dans un état de transe confortable, de nature hypnotique, qui ouvre la voie à la finalité du programme : onirisme, visualisation, « voyage » mental, découverte d’autres « vies ». Ou encore des expériences de type chamanique comme, par exemple, le fait de chercher à comprendre/sentir « de l’intérieur » le vécu de différents animaux…

Les bons programmes audio, ceux qui sont à la pointe des connaissances actuelles sur le fonctionnement du cerveau, sont créés avec des moyens technologiques sophistiqués : synthétiseurs de sons, ordinateurs, générateurs d’effets spéciaux, boîtes à rythmes, tables de mixages. Ils exigent donc une bonne maîtrise de ces appareils, et en plus, une solide connaissance du pouvoir des sons sur les états de conscience[5] (qui ne s’est pas surpris, un jour, à ressentir de la tristesse après l’audition prolongée d’une musique de relaxation maladroitement conçue !).

Lorsque la parole en fait partie, ces programmes audio demandent également une utilisation judicieuse des symboles et des images évoqués par la voix. Ils nécessitent par ailleurs une grande précision dans l’occupation de l’espace sonore par les différents stimuli : voix, musique, sons binauraux s’il y a lieu.

Passons rapidement en revue ces différentes techniques et leurs effets :

Les sons binauraux

C’est l’« HemiSync » découvert par Robert Monroe.

Les sons binauraux, ce sont des sons comportant des fréquences spécifiques pour chaque oreille : une oreille reçoit un signal sonore, mesuré en Hz, légèrement différent de celui qui est perçu par l’autre oreille. Par exemple : une oreille reçoit un son à la fréquence de 100 Hz et l’autre à la fréquence de 120 Hz – un tel son binaural est à 20 Hz.

Les sons binauraux : principe
Les sons binauraux : principe

Avec les sons binauraux, on a pu constater grâce à l’EEG un effet FFR (frequence following reaction) que j’ai évoqué plus haut : le cerveau tend à s’aligner sur cette différence dans les fréquences reçues par chaque oreille et à produire des ondes cérébrales correspondantes, et cela dans les deux hémisphères. Les sons binauraux ont donc pour propriété de faciliter la synchronisation des deux hémisphères cérébraux. Souvenons-nous que, chez la plupart des Occidentaux, l’hémisphère gauche est dominant. Or, quand un hémisphère est dominant, c’est au détriment de l’autre. C’est un peu comme de sautiller sur un seul pied, alors qu’on pourrait magnifiquement danser sur les deux : il y a des manques, des faiblesses, des rigidités, des douleurs. Rappelons que la synchronisation des deux hémisphères crée une harmonie entre le rationnel et l’intuition, entre la raison et l’émotion… De ce fait, l’utilisation judicieuse des sons binauraux contribue à un bien meilleur équilibre psychomental que quand les hémisphères sont asynchrones.

Il est évident que, pour utiliser judicieusement les sons binauraux dans les CDs audio, la plus grande précision est nécessaire. Des sons binauraux dans le registre de l’Alpha sont à privilégier lorsque l’on cherche à stimuler l’imagination, la visualisation ou la créativité, par exemple. Dans le registre du Thêta, il s’agira davantage de concentration, de méditation, de bien-être et de l’amélioration de la santé. Mais ici rien n’est aussi simple, car c’est en mêlant judicieusement les différentes fréquences binaurales que l’on obtiendra les résultats les mieux ciblés : c’est ce que font les meilleurs CDs audio comportant des sons binauraux. De judicieux mélanges dans les registres Alpha, Thêta, Delta peuvent permettre de vivre des ENOCs étonnants…

Le rythme

Lui aussi, se compte en Hz. Dans les cultures chamaniques, le tambour est l’instrument le plus utilisé pour provoquer les transes du chaman. De même, dans les programmes audio, le rythme est très important : c’est même un des atouts majeurs de leur efficacité. Aujourd’hui, les ordinateurs permettent une absolue rigueur dans la fréquence des battements rythmés. Comme c’est le cas pour les sons binauraux, le rythme lui aussi, de par la FFR, induit une réponse du cerveau synchronisant ses hémisphères sur la fréquence utilisée.

Les types de sonorités

Elles non plus ne sont pas indifférentes. Les différents types de sonorités (grave, aigu, sourd, clair, épais, gras, chuintant, tournant, etc…) peuvent avoir un impact sur vos émotions, peuvent éveiller en vous des résurgences anciennes, des sentiments, des ressentis… Certaines personnes se hérissent à l’audition de certains types de sons, d’autres s’en extasient. Ce n’est pas pour rien que les Tibétains utilisent des trompes ou des cymbales ; ou que le chamanisme prend les tambours ou les gongs ; ou que des ethnies chantent des mélopées vocales avec des timbres différents, « throat singing » ou chant harmonique[6]

On sait bien que le son du battement du cœur humain éveille souvent des émotions, ou que le chant des cétacés peut faciliter l’accès à des sentiments de plénitude océanique. De même les vagues, le vent, la pluie, la tempête, l’orage, sont des sons primordiaux « chargés » sur le plan émotionnel. Les chants d’oiseaux évoquent la campagne, les stridulations des grillons ramènent au souvenir les beaux soirs d’été que l’on a vécus, les sons de la jungle sont évocateurs des aventures exotiques que l’on s’est imaginé vivre dans des rêveries adolescentes… Ces types de sons et bien d’autres peuvent être utilisés dans les bons programmes audio pour faciliter des ENOCs.

Les modernes synthétiseurs de sons permettent maintenant de créer des sonorités extrêmement précises en fonction des ENOCs recherchés : par exemple expansion ou concentration du champ de conscience. Là encore, une solide connaissance de l’effet des sonorités est indispensable aux bons programmes audio visant des ENOCs.

La musique

Le dicton en dit qu’« elle adoucit les mœurs ». Mais la musique fait bien plus que cela :

  • Elle vous rend gai ou triste, nostalgique ou dynamique
  • Elle vous ouvre aux grands espaces, à la spiritualité
  • Elle peut éveiller vos instincts fondamentaux
  • Elle résonne dans votre corps et peut vous faire vibrer à un niveau de subtilité insoupçonnée – et jusqu’au niveau cellulaire
  • Elle peut influencer votre attitude, vos mouvements, votre physiologie et aussi la production de neurotransmetteurs par votre organisme
  • Elle agit sur votre état de conscience – ce que vous avez sans doute déjà eu l’occasion d’expérimenter : certaines musiques vous ont déjà donné beaucoup de plaisir, fait voguer dans l’imaginaire, éveillé en vous des souvenirs, des désirs ; d’autres, plus malencontreusement, vous ont déprime, attristé…

Les instruments qui jouent la musique peuvent être ces sons primordiaux déjà évoqués retravaillés sur des machines appelées échantillonneurs : bruits physiologiques, chants de cétacés, « chants » des planètes du système solaire enregistrés par la célèbre sonde Voyager de la NASA, chant grégorien, bruits d’eau, par exemple. Techno-chamanisme, toujours…

La musique, dans les programmes audio de qualité, est spécialement étudiée pour fasciner le Conscient, émouvoir les couches profondes et faciliter ainsi l’accès à des ressentis ou à des visualisations ciblées, d’autant plus efficaces qu’elles s’opèrent en ENOC.

La voix

Tous les programmes audio ne nécessitent pas la présence de la voix. Par exemple, pour parvenir à un état de conscience d’intense concentration, la voix serait même inadéquate (dans ce cas, ce sont des sons binauraux seuls qui obtiendront l’effet voulu). Mais la voix a un intérêt extrême dans la mesure où elle peut induire une transe de type auto-hypnotique, laquelle est une voie royale pour accéder aux ENOCs.

La voix a en effet un très grand pouvoir : le ton de la voix de quelqu’un qui vous hèle peut, par exemple, instantanément changer votre état d’esprit, vous mettre en colère ou vous faire sourire. Dans les cérémonies chamaniques, la voix du chaman a un énorme impact pour permettre aux participants d’entrer en ENOC.

Il existe une technique de guérison chamanique qui, de prime abord, semble assez étrange : deux chamans prennent le malade chacun par un bras et, tout en marchant, ils lui racontent une histoire métaphorique différente dans chaque oreille ! Faut-il s’étonner de cela ? Mais non : une histoire s’adresse à l’hémisphère cérébral gauche et l’autre au droit. Nous sommes là devant le pouvoir de la voix, pour la mise au travail simultané des deux hémisphères cérébraux (synchronisation) ou pour l’activation plus spécifique d’un des deux hémisphères. Ceci peut être extrêmement utile pour résoudre certains problèmes psychologiques. Avec cette technique il y a un brouillage du mental conscient qui ne peut pas de façon prolongée suivre les deux récits simultanés : il lâche prise rapidement et permet alors la mise en place de l’ENOC. Le chamanisme utilisait ainsi empiriquement cette technique bien avant que la science occidentale ne mette à jour les spécificités des deux hémisphères du cerveau.

Dans les programmes audio, la voix est là pour vous aider, vous guider, vous permettre de visualiser ou de vous soigner. Elle peut aussi vous faire expérimenter des sensations très inhabituelles : légèreté, lourdeur ou rigidité du corps ; imprégnation dans d’autres aspects du monde : minéral, végétal, animal ; recherche sur soi, activation de symboles ou d’archétypes, autres « vies », voyage chamanique, rencontres particulières…

La voix est alors comme la rampe de lancement qui permet à l’ENOC de s’enclencher.

Faciliter des ENOCS – rêve lucide, OBE…

Les bons programmes audio comportent plusieurs ou tous les éléments qui viennent d’être mentionnés : musiques, rythmes, voix, sonorités spécifiques, symboles et métaphores, sons binauraux – d’ailleurs, lorsque le but du programme est de vous faciliter l’accès à des ENOCs, la présence de sons binauraux est souvent très utile à cause de la réponse FFR du cerveau. Avec cette technologie audio, vous pouvez développer votre capacité à entrer dans des ENOCs : connaître l’OBE, savoir rêver lucide, savoir vous auto-hypnotiser, entrer en transe…

On voit donc bien en quoi les technologies du son créées par l’Occident viennent se mettre au service du néo-chaman…

Des Appareils

Techno-chamanisme toujours : l’Occident a créé d’autres moyens plus élaborés, plus sophistiqués : de vraies machines cette fois-ci, qui permettent également d’entrer en ENOCs. Toutefois, du fait de leur coût et de leur complexité d’utilisation, on les trouve surtout dans le cabinet du spécialiste (relaxologue, thérapeute) et dans des stages de groupe. Mais il est important de connaître leur existence, car ce sont des outils formidables pour faciliter (au minimum) le bien-être et surtout, l’accès à des ENOCs qui peuvent être étonnants.

N’ayez pas peur des « machines » !

Une digression s’impose ici : beaucoup de personnes ont malencontreusement peur des machines, surtout parce qu’elles sont informées. Depuis quelques dizaines d’années, on nous a « farci la tête » de conceptions complètement fausses :

– Les machines sont redoutables : elles ne visent qu’à remplacer l’homme !

Si ce genre de proposition peut faire nos délices dans une histoire de science-fiction savamment racontée, cela ne correspond à rien de réel. Car la réalité est que les machines sont conçues pour nous obéir : ce sont nos esclaves, de la plus rudimentaires (l’aspirateur, par exemple) à la plus élaborée (l’ordinateur, par exemple). Les appareils sont donc nos serviteurs, nos outils, les prolongements de nos jambes, de nos bras, de nos mains, de nos cerveaux – afin que soient amplifiés nos moyens d’agir et nos pouvoirs. Une fois bien compris que les machines, mécaniques et électroniques, sont nos aides, nous pouvons – et nous devons – nous en servir en toute tranquillité d’esprit pour parvenir à nos buts.

Ces machines ont un dénominateur commun : l’électronique. Sans l’électronique, pas de biofeedback qui soit pratique d’utilisation, pas de système opto-acoustique avec la rigueur nécessaire, pas de stimulation électrique et magnétique précise, pas d’EEG… L’évolution des technologies a donc permis la mise au point d’appareils nous facilitant l’accès aux ENOCs. C’est de ceux-là que je vais vous parler à présent : ils sont, à l’heure actuelle, les instruments les plus élaborés dans l’ordre du techno-chamanisme.

Découvrons-les ensemble maintenant.

L’électrostimulation

Il s’agit de l’application de très faibles courants électriques (de l’ordre du microvolt) en différents points du corps (les zones douloureuses ou les points d’acupuncture) ou au niveau du cerveau – dans ce deuxième cas, le terme technique est Cranial Electrotherapy Stimulation, abrégé en CES. La CES a démontré des effets réels au niveau de la guérison de maux physiques et psychologiques.

Au niveau physique, on s’est aperçu que :

  • Cela a une action contre la douleur, les migraines et les maux de tête
  • Cela élimine nombre d’insomnies
  • Cela stimule les forces d’autoguérison
  • Des états dépressifs cèdent
  • Angoisses et anxiété sont souvent diminuées
  • Certaines voient reculer l’asthme, des sinusites chroniques et divers autres problèmes dans la sphère ORL ; certains ont une diminution des bourdonnements d’oreille, des acouphènes
  • Il y a une action positive sur certains rhumatismes et sur les maux de l’arthrite et de l’arthrose
  • Certaines fractures de réduction difficile guérissent

Au niveau psychologique :

  • La CES est aussi utilisée avec succès pour faire « décrocher » des toxicomanes de leur drogue[7]
  • Elle facilite l’accès aux ENOCs (je l’utilise parfois avec les Postures de Transe : certains sujets « plongent » plus vite.

Cela ne signifie évidemment pas que l’électrostimulation soit une panacée universelle, mais elle aide en bien des cas à progresser vite et bien vers plus de santé et d’équilibre.

C’est à la fin du XIXème siècle que paraissent les premiers travaux scientifiques sur l’utilisation de l’électricité, par application d’électrodes en différents points de la tête, pour anesthésier la douleur. Le Chilien Araya en 1880, le Français Leduc en 1902, les chercheurs russes tels Wassili Giljarowski dans les années 1950, les Américains Robert Becker en 1958 et Saul Rosenthal en 1960, l’Européen Wageneder en 1969, sont quelques-unes des sommités scientifiques qui ont, au fil du temps, effectué des recherches sur ce sujet. Ils ont constaté l’efficacité thérapeutique de l’électrostimulation, mais ne parvenaient pas à comprendre comment cela opérait. En fait, il a fallu attendre les années 1970 pour que des explications commencent à poindre avec la découverte progressive des neurotransmetteurs : ces substances chimiques synthétisées par notre organisme et dont je vous ai parlé plus haut. Endorphines, enképhaline, dopamine et autres opiacés endogènes se sont révélés de puissants anti-douleur et euphorisants – et on comprend mieux à présent leur action sur les états de conscience.

Aujourd’hui, l’effet de l’électrostimulation sur la production des neurotransmetteurs est prouvée et, ce qu’il est important de noter ici, c’est que cette technique offerte par les modernes technologies, a cet effet de faire fabriquer à notre corps ces drogues qui sont ingérées dans d’autres cultures pour entrer en ENOC.

Un appareil d’électrostimulation n’a rien de redoutable : il dispense un très faible courant électrique sur la zone où les électrodes sont appliquées selon des fréquences soigneusement sélectionnées. Cela ne fait pas mal, ne secoue ni n’électrocute. Cela peut tout au plus picoter légèrement. Mais que de bénéfices, dans cette technique…

J’ai vu des personnes dispersées atteindre facilement un état de concentration efficace et d’autres parvenir à un état d’euphorie et de bien-être. Je me souviens d’une jeune femme frigide qui m’a affirmé que la CES l’avait débloquée au niveau sexuel, et d’un homme qui m’a raconté le voyage chamanique qu’il a vécu en ayant les électrodes aux oreilles (pour seulement évoquer ces quelques cas).

Avec l’électrostimulation, nous avons donc un des outils du techno-chamanisme. Voyons en d’autres…

Les biofeedbacks

Un biofeedback est un appareil qui, de quelque manière (par le son ou des graphiques, par exemple), nous informe sur certaines de nos caractéristiques physiologiques ou émotionnelles pendant le temps de la mesure. Feedback veut dire : retour de l’information. Ainsi :

  • L’électrocardiogramme est un biofeedback : il donne des informations concernant le rythme de votre cœur sur un graphique durant le temps de la mesure
  • L’électromyogramme informe sur les variations de vos tensions musculaires durant le temps de la mesure
  • L’électroencéphalogramme est un biofeedback informant sur les ondes cérébrales de votre cerveau durant le temps de la mesure
  • Le détecteur de mensonges est un biofeedback informant sur les modifications de votre émotivité durant le temps de la mesure…

Donc, le terme biofeedback s’applique à différents appareils, utilisés aussi bien en médecine que dans des contextes juridiques ou dans des expérimentations de laboratoire (sur le sommeil et le rêve, par exemple).

Lorsqu’il est question d’ENOCs, les appareils employés sont principalement les biofeedbacks permettant de rendre compte de l’émotivité et des ondes cérébrales : le détecteur d’émotivité et l’EEG.

Le détecteur d’émotivité

Bien que le terme soit ainsi abusivement généralisé, lorsqu’on utilise le mot biofeedback (ou GSR pour Galvanic Skin Resistance) sans autre précision, c’est souvent à ce détecteur d’émotivité que l’on se réfère. Et on garde les termes plus spécialisés (EEG, ECG, EMG) pour les autres appareils de biofeedback. Je ferai de même ici : lorsque je parlerai de biofeedback, ce sera au seul détecteur d’émotivité que je me référerai. De ces appareils, il y en a de simples et de plus complexes et, aujourd’hui, l’ordinateur en facilite considérablement l’utilisation.

Le détecteur d’émotivité est donc un appareil permettant de mesurer les variations de l’émotivité chez un sujet. Il est basé sur le principe du détecteur de mensonge et prend en compte les changements dans la résistance électrique de la peau – se modifiant en fonction des émotions. En dehors du fait que le biofeedback permet de mesurer les états d’émotion et de stress, il permet d’apprendre à les contrôler – et, au niveau des ENOCs, c’est surtout en cela qu’il est un instrument extraordinaire.

Le thoughstream de Mind Modulations
Le thoughstream de Mind Modulations

Le ThoughtStream de Mind Modulations

Une profonde relaxation
Une profonde relaxation

Une profonde relaxation

En effet, stress et émotivité, générateurs d’ondes Bêta dans le cerveau, peuvent être des empêcheurs d’accéder aux ENOCs. Ceci doit toutefois être nuancé, car certains types d’émotions telles que l’extase, le sentiment océanique, le plaisir… sont, bien sûr, impliqués dans des ENOCs et il n’est pas question de couper qui que ce soit de son potentiel en ce sens. Cependant, il est bon d’apprendre à contrôler les émotions qui sont liées à l’ECO pour s’ouvrir aux ENOCs : la maîtrise de son mental est une des clés, et le détecteur d’émotivité un des outils pour y parvenir.

Un stress important
Un stress important

Un sujet sous l’influence d’un stress important

Comment se sert-on de cet appareil ? Sa version la plus répandue consiste en un palpeur qui mesure la différence de potentiel électrique au niveau de la main sur une durée de temps. Pendant la séance, le graphique apparaît en temps réel sur l’écran de l’ordinateur. Le sujet observe ce graphique sur l’écran et, s’il n’est pas adéquat, il s’efforce de le modifier volontairement en se concentrant. Cela exige de la concentration et de la maîtrise de soi, et cette technique de contrôle de son mental permet de développer en soi ces inestimables capacités. C’est ainsi que l’on peut apprendre progressivement à calmer son émotivité, à se détendre, à se relaxer, à entrer dans un calme mental favorisant l’accès aux ENOCs.

Un belle relaxation
Un belle relaxation

Une très belle relaxation

Le biofeedback est donc à la fois un appareil de mesure fiable des émotions, un point d’appui pour apprendre à les maîtriser et un outil pour vérifier la réalité de cette maîtrise. Et l’on peut comprendre que celui qui veut être néo-chaman a tout intérêt à savoir rester maître de lui et de son mental…

L’électroencéphalogramme

Le deuxième type d’appareils de biofeedback utilisés pour faciliter l’accès aux ENOCs est l’EEG. Celui-ci permet de voir, sur l’écran de l’ordinateur ou sur un graphique, l’activité électrique du cerveau – et de vérifier dans quelle mesure les deux hémisphères sont synchronisés ou non : il montre les ondes cérébrales Bêta, Alpha, Thêta et Delta parcourant respectivement les deux hémisphères pendant le temps de la mesure. Si l’on se souvient de l’importance des ondes Alpha et Thêta dans les ENOCs, on comprend bien qu’il peut être fabuleux d’apprendre à les produire volontairement dans son cerveau. C’est là qu’intervient l’EEG qui permet cet entraînement sous le contrôle objectif de l’appareil.

Les hémisphères ne sont pas synchtronisés
Les hémisphères ne sont pas synchtronisés

EEG : les deux hémisphères ne sont pas synchronisés

C’est déjà au début des années 1960 que l’on a commencé à faire des recherches en ce sens. On cherchait à répondre à la question suivante : est-il possible pour l’être humain d’influer délibérément sur son électricité cérébrale ? On s’est alors rendu compte avec surprise que la réponse à cette question était : oui.

 

Hémisphères synchronisés en Thêta-Alpha
Hémisphères synchronisés en Thêta-Alpha

EEG les deux hémisphères cérébraux sont synchronisés
Les fréquences dominantes sont dans le registre Thêta-Alpha

 Comment s’y prend-on ? On utilise un EEG dont le graphique est surveillé par le sujet. Celui-ci peut alors identifier progressivement les ressentis, sensations et impressions qu’il a lorsque le graphe montre une synchronisation des hémisphères ou/et lorsque son cerveau produit majoritairement des ondes Alpha ou Thêta. Ainsi, il apprend à la fois à discriminer entre l’état Alpha/Thêta et l’état non Alpha/Thêta, et également à contrôler/créer l’état Alpha en cherchant volontairement à actualiser en lui les paramètres utiles pour obtenir cela.

Lors de ces expériences, on s’est également aperçu que les sujets ressentaient souvent un grand plaisir lorsque leur cerveau était majoritairement en Alpha : fréquemment un sentiment de relaxation et de calme mental ; et aussi qu’il leur devenait de plus en plus facile de retrouver ces sensations du fait de leur entraînement avec l’EEG.

Au fil du temps, nombre de personnes ont ainsi pu apprendre à produire de cette manière des ondes Alpha ou/et Thêta et ont vécu des expériences d’ENOCs : perceptions modifiées, manifestations de talents parapsychologiques, transes, extases… Biofeedback et EEG sont donc des outils permettant de s’entraîner à modifier ses états de conscience et servant aussi à vérifier l’efficacité de cet entraînement et ce sont d’ailleurs aussi d’excellents moyens pour, au minimum, apprendre à parvenir vite et bien à de profonds états de relaxation et de paix intérieure.

Il faut parfois des mois ou des années de pratique de la méditation, du yoga ou du training autogène pour parvenir à ce que les outils du techno-chamanisme permettent beaucoup plus vite. Il n’est, bien sûr, pas question de dénigrer ces méthodes qui ont fait la preuve de leur valeur, mais il ne faut pas non plus refuser d’autres moyens d’approche des ENOCs. Les instruments du techno-chamanisme, issus de la science occidentale, en sont – et de très efficaces.

CES, biofeedback, EEG, sont des instruments qui ont été créés d’abord pour comprendre des mécanismes biologiques et psychologiques, pour soigner et pour soulager. Or, il y a un rapport très intime entre le corps et l’esprit, entre la santé physique et mentale dont on bénéficie et les états de conscience dont on est coutumier :

  • Le stress permanent – qui n’existe qu’en ECO – tue à plus ou moins petit feu
  • Qui ne rêve plus s’approche à grands pas de l’aliénation mentale
  • Qui ne parvient pas à se concentrer échoue dans l’action ou dilapide son énergie inutilement (et ne peut évidemment pas prétendre à être néo-chaman)
  • Qui n’expérimente que l’ECO est fermé à la grandeur et à la beauté potentielles des ENOCs…

Il y a entre neurotransmetteurs et santé un lien analogue à celui qui existe entre neurotransmetteurs et ENOCs : les neurotransmetteurs sont indispensables aux deux. C’est bien ce lien qui fait que des appareils médicaux ont pu avoir une action aussi bien sur la santé que sur les ENOCs. Alors, ne nous privons pas de nous servir de ces instruments qui ont pour dénominateur commun : santé et ENOCs.

Et souvenons-nous que tout chaman, traditionnel ou néo-chaman, a une vocation de guérisseur…

Les inducteurs d’états de conscience

Nous voici, cette fois-ci, face à des appareils qui, eux, ont été mis au point dans le but tout à fait clair d’agir sur les états de conscience. Aux USA, on les appelle mind-machines ou brain-machines et, si la vieille Europe peine à en connaître l’existence, les États-Unis et le Japon – du moins dans leurs couches dirigeantes – les pratiquent depuis longtemps déjà.

Le Proteus de Mind Modulation
Le Proteus de Mind Modulation

Le Proteus de Mind Modulations

J’ai choisi de les appeler Inducteurs d’États de Conscience (en abrégé IEC), car c’est bien de cela qu’il s’agit. Ces appareils reprennent, en version technologique, un moyen vieux comme le monde pour générer des ENOCs : la stimulation rythmée optique et acoustique. L’IEC concerne donc deux de nos sens – la vue et l’ouïe – et son action s’appuie sur la FFR, c’est-à-dire la tendance qu’a le cerveau à aligner sa fréquence sur celle qui lui est ainsi proposée. On peut tout à fait y inclure le procédé des sons binauraux afin d’incliner à la synchronisation des deux hémisphères cérébraux.

Voici en quoi consiste un appareil IEC :

  • Une paire de lunettes dans lesquelles des leds (sorte de petites lampes) peuvent s’allumer
  • Une paire d’écouteurs stéréo
  • Un ordinateur programmé pour produire des rythmes sur des fréquences tout à fait précises – et cela en fonction du but recherché.

Utiliser un IEC est très agréable : on se trouve dans une position douillette et confortable, yeux fermés, en état de détente. Les leds s’allument et s’éteignent rythmiquement selon le programme voulu et, en même temps, les écouteurs diffusent dans les oreilles un battement sonore synchronisé sur les rythmes lumineux. Tout cela amène facilement à un état de détente et de relaxation bienfaisants, prélude à d’autres états de conscience qui pourront être facilités ou accélérés par l’adjonction d’inductions verbales de visualisation, d’hypnose, d’auto-hypnose…

L'éditeur PC du Proteus
L’éditeur PC du Proteus

Interface d’édition d’un IEC
(éditeur du Proteus de Mind Modulations)

Les IEC de première génération, petites choses simplistes, n’avaient aucune efficacité. Mais avec les perfectionnements techniques, il y a maintenant d’excellents IEC[8] pour « décrocher » de l’ECO et expérimenter des ENOCs.

Un sujet utilisant un IEC
Un sujet utilisant un IEC

 Un sujet utilisant un IEC

L’électromagnétisme

L’on connaît la sensibilité du cerveau aux champs électromagnétiques. Michael Persinger, un chercheur américano-canadien en Sciences Cognitives, a expérimenté sur des sujets en leur appliquant un casque diffusant de faibles champs électromagnétiques sur les lobes temporaux. Selon Persinger, un grand nombre de ses sujets eurent des ENOCs tels que états mystiques, impressions de « présences », sensations de décorporation et de flottements dans l’espace, visions… Le chercheur en vint à estimer que toutes les manifestations de cette nature étaient imputables à des désordres électromagnétiques dans ces régions du cerveau – ce qui, de mon point de vue, est certainement une généralisation  abusive.

Michael Persinger est un personnage controversé : il a ses « groupies » et ses détracteurs. Pour ce qui me concerne, je ne m’étendrai pas davantage sur les travaux de cet auteur pour les raisons suivantes :

  • D’une part, la célèbre revue scientifique Nature a rapporté en 2004 les résultats obtenus par un groupe de chercheurs suédois qui, ayant refait en « double aveugle » les expériences de Persinger n’ont pas enregistré les effets que celui-ci disait avoir obtenus.
  • D’autre part, il est peu coutumier en science de refuser les informations permettant aux pairs de pouvoir reproduire les expériences pour en contrôler les résultats revendiqués. Or, Persinger reste plutôt secret sur les fréquences électromagnétiques exactes qu’il utilise : il ne m’a donc pas été possible de les vérifier.

Pas de conflit entre chamanisme et techno-chamanisme

En mettant donc l’appareil de Michael Persinger entre parenthèses, il y a donc aujourd’hui bien des moyens pour parvenir à entrer dans des ENOCs pour celui qui le souhaite, pour le néo-chaman. Certains de ces moyens sont ultra rapides – l’ingestion de drogues en particulier ; d’autres sont moins rapides – initiations, entraînements prolongés, techno-chamanisme ; d’autres sont très lents – méditation, yoga, ascèse, par exemple.

Certains sont anciens et traditionnels, d’autres sont modernes et technologiques. Du fait de ces différences, doit-il y avoir des préjugés ou des tensions entre les tenants du chamanisme traditionnel et ceux du néo et techno-chamanisme ?

John Lilly et d’autres Occidentaux ayant développé leur capacité à entrer en ENOC grâce au néo et au techno-chamanisme, sont en parfaite compréhension avec des hommes venant de cultures traditionnelles et qui sont des maîtres en ENOCs. Archie Fire Lame Deer, chaman sioux-lakota, a rencontré le Dalaï Lama et, bien que de culture différentes, ils se sont compris et estimés. Y aurait-il véritablement une différence de grandeur entre l’Égyptien antique Achius Aristide qui expérimente en ENOC extatique le contact direct avec le dieu égyptien de la médecine Asclepios, et Sainte Thérèse d’Avila qui vit un état de fusion sensuelle avec son dieu chrétien ? Ou avec le chaman sibérien qui va au ciel en ENOC pour y rencontrer Tängereh, la divinité céleste ?

L’extase ressentie par l’Amérindien du Sud sous l’effet du peyotl ou de l’ayahusca serait-elle, elle, qualitativement inférieure à celle de Saint François d’Assise conversant avec les étoiles du ciel et les animaux de la terre ?

Ne semble-t-il pas évident qu’il vaut mieux expérimenter les choses et les connaître de l’intérieur plutôt que de discourir sur elles de l’extérieur ? Si l’on se souvient que tous les outils que l’on peut utiliser pour obtenir des ENOCs ne sont que des adjuvants, des béquilles (cela est valable aussi bien des drogues exogènes que du rythme du tambour ou de l’électrostimulation), il devient peu important de juger de la béquille, car c’est le but qui est important, qui est fondamental. Lui seul, l’ENOC, en expérience directe et vécue, a de l’importance, car il est expansion de l’être.

En réalité, ces adjuvants, ces béquilles, ne sont là que pour mettre en route des processus que nous détenons en nous de par le simple fait d’êtres humains : sui generis, je le répète. Ils ne sont tous que des clés taillées juste à la mesure des serrures ouvrant les portes des ENOCs.

Alors, ne dédaignons pas les outils qui nous sont offerts par nos technologies, mais servons-nous en avec reconnaissance : moins vite que les drogues dans certaines sociétés traditionnelles, mais plus vite que l’ascèse, ils nous aident à arriver au but désirable : l’expérience directe d’ENOCs, l’avènement en nous de notre nature de néo-chaman.

[1] C’est-à-dire un bruit dans lequel rien de connu n’est identifiable, comme par exemple le souffle que l’on peut capter entre deux stations de radio. Le Bruit Blanc comporte la totalité des fréquences audibles par l’oreille humaine.

[2] Le Bruit Brun comporte principalement les fréquences dans les registre du medium et des graves (il y a réduction des aigus).

[3] En 1985, Charles Honorton, Directeur des Laboratoires Psychophysiologiques de Princeton, analyse 28 expérimentations sur les facultés psi apparaissant sous ganzfeld et concernant un total de 835 sessions. Considérée statistiquement, cette étude montre l’émergence de ces perceptions psi de manière tout à fait significative : la probabilité pour que les brillantes performances réussies par les sujets soient dues au hasard a été précisément calculée : elle est de 7,3 chances sur 1 milliard ! Il s’agit donc bien là de manifestations de facultés parapsychologiques.

[4] Cité par Paul Gérôme dans le Caisson d’Isolation Sensorielle – Ed. Sand.

[5] Et pas seulement sur les états de conscience, mais aussi sur la santé psychologique, ce qui a été bien mis en évidence par la moderne musicothérapie.

[6] Dans ces deux techniques vocales, le chanteur produit plusieurs notes simultanément : la note fondamentale et une ou plusieurs harmoniques. Cela donne un chant particulier, principalement utilisé par les Mongols, les Tibétains et les Sami (c’est-à-dire les Lapons) et des peuples d’Asie Centrale.

[7] Ce fut le cas, par exemple, de Keith Richards, des Rolling Stones. Le Dr Joseph Winston raconte que lorsque Keith Richards est arrivé en 1977 dans le service de Meg Patterson, chirurgienne et spécialiste en CES, il était « vert » et dans un état lamentable. Après le premier jour d’application de l’électrostimulation, il a dormi 18 heures d’affilée. Au bout de dix jours, on pouvait jouer au tennis avec lui. Les autres membres des Rolling Stones ont affirmé que cela faisait des années que Keith Richards n’avait pas eu aussi bonne mine… D’autres toxicomanes célèbres ont également bénéficié de la CES pour se guérir de l’addiction aux drogues, tels Pete Townshend (le lead guitar des Who) ; Eric Clapton – et plus d’une douzaine d’autre stars du rock. De 1976 à 1986, plus de trois cent drogués ont été traités ainsi chez Meg Patterson et il y eut 98% (!) de réussite : seulement quatre d’entre eux recommencèrent à se droguer.

[8] Ce n’est guère qu’aux États-Unis que l’on peut se procurer des IEC de qualité suffisante. Pour en savoir plus, le site Internet de Mind Machines